L'année 2000 sera celle de tous les records en matière de privatisations, promet Emil Wasacz, ministre polonais du Trésor en charge du dossier. Selon lui, la vente des entreprises de l'Etat devrait apporter près de 5 milliards de dollars. Le plus grand dossier reste celui de la vente de 25% à 35% des parts de l'opérateur national des télécommunications, TP SA. Varsovie s'attaquera aussi à la privatisation du secteur de l'énergie, de même qu'à ceux de l'acier et de l'armement. Le gouvernement souhaite aussi achever la privatisation du secteur bancaire.

Alors qu'en 1998, la vente des entreprises d'Etat a apporté quelque 7 milliards de zlotys (environ 2,7 milliards de francs suisses), l'année dernière les caisses de l'Etat se sont enrichies de 13,3 milliards de zlotys, soit l'équivalent de 3,3 milliards de dollars. Cette année, ce chiffre doit atteindre 5 milliards de dollars.

Plus de la moitié de cette somme, soit 3 milliards de dollars, doit, selon le ministre, être apportée par la privatisation de l'opérateur national des télécommunications, TP SA, dont 25% à 35% des parts doivent passer dans les mains d'un investisseur stratégique. La Bourse et les employés de la société détiennent déjà respectivement 15% de ses parts.

Le dossier télécoms est difficile. Lors du premier appel d'offres, la proposition de France Télécom, seul candidat en lice après le retrait de l'américain SBC, a été jugée «insatisfaisante», et le ministre a décidé de lancer un nouveau concours. Lundi, Emil Wasacz a prolongé de quinze jours, jusqu'au 28 février, la date de la remise des offres pour laisser à d'éventuels nouveaux candidats le temps de préparer leurs propositions. En effet, malgré une invitation adressée à une trentaine de sociétés, seuls France Télécom et Telecom Italia ont pour l'instant déposé leurs offres. Selon les médias polonais, la société britannique British Telecom serait aussi intéressée par l'opérateur national.

Dix centrales à vendre

Dans le domaine de l'énergie, deuxième plus important dossier de privatisation à traiter cette année, Varsovie souhaite vendre une dizaine de ses centrales, sur un total de 30 à privatiser d'ici à l'an 2002, et dont la valeur est estimée à environ 30 milliards de dollars.

L'année 2000 doit être aussi celle de la privatisation retardée du secteur sidérurgique, et notamment celle des aciéries de Katowice, qui produisent à elles seules plus de la moitié de l'acier polonais.

Varsovie annonce aussi cette année la privatisation de son secteur de l'armement, profondément déficitaire. En effet, la plupart des usines polonaises qui jadis approvisionnaient les armées du Pacte de Varsovie se trouvent aujourd'hui au bord de la faillite, et demandent un soutien financier permanent de la part de l'Etat. La vente de ces entreprises devrait apporter au moins 250 millions de dollars. Elle devrait surtout permettre de les moderniser, et de les adapter aux normes et besoins de l'armée polonaise, membre de l'OTAN depuis le mois de mars dernier. Le gouvernement souhaite garder des parts dans sept usines les plus stratégiques.

En l'an 2000, le gouvernement polonais souhaite aussi achever la privatisation de son secteur bancaire et vendre, entre autres, la plus grande banque polonaise PKO BB, qui contrôle près de 30% du marché, de même que BGZ, quatrième établissement du pays. Varsovie exclut cependant leur vente à des sociétés étrangères, qui contrôlent déjà la majorité du secteur bancaire polonais. L'Etat entend enfin poursuivre la privatisation de son groupe pétrolier PKN, de même que celle de la chaîne hôtelière Orbis et de l'assureur national PZU.