La Suisse perd de son attrait pour les entreprises étrangères à cause de la fin de l’arrêté Bonny, déplore la promotion économique vaudoise. Le canton, qui a accueilli 38 sociétés l’an dernier contre 71 en 2007, veut sensibiliser Berne à cette dégradation. L’arrêté Bonny, qui offrait des conditions fiscales avantageuses, ne s’applique plus depuis décembre 2007.

«La Suisse, et en particulier la Suisse occidentale, a perdu de l’attractivité (...) Le Conseil d’Etat entend sensibiliser la Confédération afin de repenser un outil fiscal qui garantisse la compétitivité alors qu’une concurrence internationale farouche fait rage», a déclaré Lionel Eperon, chef du service de l’économie, du logement et du tourisme (SELT).

Le responsable vaudois n’a pas caché non plus son inquiétude face aux attaques contre la place économique suisse. L’inscription sur la liste grise de l’OCDE est source de «graves difficultés pour l’image» de la Suisse. Lionel Eperon relève également la menace que pourrait faire peser le projet de loi américain «Stop Tax Haven Abuse Act», qui vise à taxer les gains des sièges européens des multinationales américaines. S’il venait à s’imposer, les répercussions pourraient être fortes sur l’Arc lémanique. Quelque 3300 postes ont été créés dans le canton ces cinq dernières années grâce à de tels quartiers généraux.

Flat tax?

«On est en guerre économique», a estimé de son côté Jean- Frédéric Berthoud, directeur du Développement économique vaudois (DEV). Ces attaques «nous forcent à devenir proactifs», même si les rythmes et les moyens suisses sont parfois «désuets» à l’époque de «la guerre des missiles». Il a évoqué l’idée d’une «flat tax» pour désamorcer les tensions avec l’Union européenne.

Malgré ces craintes, Lionel Eperon juge que les résultats de 2008 ont encore été «très satisfaisants» si l’on écarte une année 2007 atypique puisque les entreprises se sont «précipitées» pour bénéficier de l’arrêté Bonny. Le 26 mars dernier, le DEWS, organe de promotion commun aux cantons de Vaud, Neuchâtel, Jura et Valais, annonçait que les quatre cantons ont attiré ensemble 130 entreprises en 2008, contre 153 en 2007. A cette occasion, son directeur Jacques Pasche avait lui aussi souligné la concurrence exacerbée dans le secteur de la promotion exogène, citant l’exemple de Panama qui offre 20 ans d’exonération fiscale.

A propos de coopération romande en matière de promotion économique, Lionel Eperon a fait le point sur le projet qui doit réunir six ou sept cantons avec Berne, et qui «avance à satisfaction». Le Jura doit maintenant décider s’il va se tourner vers la Suisse romande ou vers Bâle. Cette nouvelle structure, qui remplacera le DEWS, sera prête pour le début 2010. Les décisions politiques tomberont avant l’été.