C’est la notion clé dont tout le monde parle. L’hybridation traduit en effet l’esprit dans lequel il s’agit d’avancer pour fédérer les différents acteurs de notre tissu économique dans l’ère post-pandémique. Concrètement: cela se traduit par un décloisonnement des secteurs d’activité et des organisations. Grands groupes, pépites entrepreneuriales et organismes d’encouragement doivent pouvoir avancer ensemble, dans l’optique d’accélérer l’innovation collaborative sur des points clés tels que la transition numérique et énergétique, la santé ou encore le secteur artistique et du gaming. Une stratégie transversale qui se veut agile et calquée sur les réalités du terrain. Pour le responsable de l’Unité Entreprises du Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI), Raphaël Conz, ce positionnement s’avère essentiel pour éviter d’orienter le marché de manière artificielle tout en laissant la chance à chaque projet à fort potentiel d’éclore.

«Contrairement à d’autres cantons et pays, nous tablons en effet sur une stratégie de soutien et d’accompagnement économiques qui puisse constituer une rampe de lancement pour tout type de projet, quel que soit le domaine dans lequel il s’inscrit ou le type de structure qui le porte. Cette vision se concrétise dans la nouvelle politique d’appui au développement économique du canton (PADE) pour la période 2020-2025. Un vaste programme, soutenu par ailleurs à hauteur de 50 millions de francs par le Conseil d’Etat à travers son Fonds de soutien à l’innovation.»

Créer des liens pertinents

Avec ses différents partenaires, dont Innovaud, le SPEI a par ailleurs déployé des programmes inédits pour répondre aux besoins précis des acteurs économiques. Un plan de relance qui s’appuie sur des modèles collaboratifs peu explorés jusqu’à maintenant, pensés pour créer les liens qui manquaient entre innovateurs, entreprises et investisseurs. Nous vous proposons une galerie de portraits de trois de ces projets pour vous inspirer, participer et, qui sait, bénéficier vous aussi de ces nouveaux élans.


QART

Quand l’art rencontre la technologie

Soutenir des projets à vocation artistique et technologique fait désormais partie des priorités du canton. Un élan qui, dans un domaine souvent peu priorisé dans les discussions économiques et politiques, donne un véritable coup de boost au secteur des ArtTechs vaudois. Initié en juin de cette année, le programme QART lance un nouvel appel à idées cet été. Fruit d’une collaboration entre le SPEI et le Service des affaires culturelles (Serac), la démarche s’adresse à toute personne ou entreprise ayant une idée dans un domaine à la fois artistique et technologique.

«Nous privilégions une ouverture totale sur les types de projets que nous recevons pour ne surtout pas brider la créativité des participants», souligne Emilien Schenker, chargé de communication & partenariats au sein du SPEI. «C’est pourquoi nous lançons d’ailleurs des appels à idées, avant de parler de projets. Ces idées sont ensuite analysées par la Fondation Inartis avant de passer par notre jury, qui en présélectionne cinq ou six pour les accompagner avec des mesures de soutien telles que de l’aide au prototypage, du coaching ou encore du réseautage. Nous sélectionnons ensuite un ou deux projets lauréats pour les aider à concrétiser leur idée jusqu’au bout.»

Secteurs et applications multiples

Technologies muséales, littérature augmentée, arts de la scène ou encore innovation dans les médias constituent autant de domaines dans lesquels les porteurs d’idées peuvent candidater. Une large couverture qui doit aussi permettre aux projets vaudois de rayonner hors du canton par la suite.

«Notre ambition vise à analyser puis à accompagner des projets dont le potentiel en termes de réplication, de création d’emplois et de rayonnement puisse aller au-delà du canton», poursuit Emilien Schenker. «Dans tous les cas, nous nous concentrons aussi et surtout sur des technologies et innovations qui permettent de répondre à des besoins réels. Le caractère créatif est bien sûr très important à nos yeux, mais il doit pouvoir s’inscrire dans une démarche de résolution de problème concret dans le domaine artistique.»

A noter: la session de dépôt d’idées est par ailleurs accessible sur le site de QART. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 31.08.

QART: www.qarts.tech


H4

De nouvelles passerelles dans le domaine de la santé

Il n’est pas toujours facile d’innover dans le secteur médical. Si le domaine reste des plus porteurs, en particulier dans notre Health Valley helvétique, l’approche novatrice des entrepreneurs et des start-up avance souvent avec un certain décalage par rapport aux attentes et à la culture des acteurs des soins et de la santé. Pour y remédier, le nouveau hub H4 – pour Hands-on, Human, Health et Hub – entend décloisonner ces domaines en instaurant un dialogue fédérateur facilitant la réalisation de projets.

Porté initialement par le Source Innovation Lab (Silab) de la Haute Ecole de la Santé La Source, le programme H4 a déjà reçu 17 projets depuis son lancement au début de l’année. Parmi eux, six ont été approuvés par le comité de sélection et sont actuellement soutenus dans des domaines variés tels que la prise de médicaments ou encore la prévention et le traitement de problèmes dorso-lombaires. Les mesures prévues par H4 comprennent notamment une aide financière pouvant être dédiée à des services de coaching ou d’accompagnement pour le processus de brevetage par exemple.

Décloisonnement stratégique

«En tant que hub, notre approche vise à diriger les bonnes personnes aux bons endroits pour permettre aux synergies gagnantes de prendre entre les start-up et entreprises incubées dans la région et le tissu économique du secteur des soins», détaille Dominique Truchot-Cardot, responsable du Silab et initiatrice de H4. «Notre rôle consiste également à favoriser l’acculturation à l’innovation auprès des acteurs médicaux et des utilisateurs finaux.»

Prochainement, H4 organise plusieurs événements à ne pas manquer pour les entrepreneurs, les soignants, les start-up et les technologues. Un atelier interactif pour évoquer l’actualité, échanger sur des tendances, imaginer des solutions, tester des idées ou encore acquérir des savoirs sur le thème de l’intelligence artificielle dans les soins est prévu le 29 septembre. Un second atelier sera organisé au printemps 2023. A noter également, un matchmaking entre soignants et technologues exposant respectivement leurs besoins et leurs solutions est prévu le 24 novembre. Enfin, le Défi Source, sous forme d’un hackathon de cinq jours, reviendra au printemps 2023 suite au succès de l’édition 2021.

H4: www.h4vd.ch


SyNNergy

Quand de nouvelles alliances dopent l’innovation

Lancé au début de l’année, le programme SyNNergy soutient et réinvente la collaboration interentreprises pour mener à bien des projets novateurs qui s’inscrivent dans la transition numérique. La démarche permet d’accompagner des consortiums de minimum trois entreprises en les aidant à concrétiser leur solution avec du soutien financier – à hauteur de 50% du budget et de maximum 100 000 francs – ainsi que du coaching. L’initiative privilégie ainsi une approche collaborative décloisonnée pour accélérer la mise sur le marché de nouveaux concepts.

«En matière d’innovation digitale, une entreprise seule est souvent confrontée à des obstacles trop importants pour mener à bien son projet», souligne Juliette Ivanez, cheffe de projet au sein de l’Unité Entreprises du SPEI, qui gère le programme SyNNergy en partenariat avec Innovaud. «Nous avons lancé cette nouvelle mesure de soutien pour permettre aux acteurs économiques de mutualiser leurs ressources et de développer des solutions communes au sein de leur consortium.»

Après avoir soumis leur candidature et passé les premières étapes de sélection, les consortiums retenus sont en outre mis en relation par SyNNergy avec un coach dont l’expertise correspond à l’ambition et l’orientation de leur projet. Le programme a ainsi formé un pool de dix experts certifiés aux profils variés pour accompagner les entreprises dans leurs différents domaines d’activité.

Hybridation gagnante

Pour participer, les consortiums formés peuvent déposer leur dossier sur le site d’Innovaud (lien ci-dessous), partenaire de l’initiative. Les groupes peuvent aussi comporter des acteurs associatifs ou encore de la recherche. La phase pilote lancée au début d’année accompagne par ailleurs le projet E-Farm, qui rassemble une plateforme de vente en ligne de produits alimentaires locaux, un prestataire de services digitaux, une entreprise active dans la logistique, un groupement de producteurs et une marque régionale pour la promotion du terroir. Avec un lancement officiel prévu en 2023, ce nouveau logiciel de gestion incarne des synergies porteuses entre des acteurs économiques dont les profils différents se complètent.

SyNNergy: www.innovaud.ch/synnergy