La bonne santé des Bourses en 2005 (le SMI a gagné 30%) n'explique qu'en partie le bénéfice net exceptionnel réalisé par le groupe Vaudoise Assurances: 44,1 millions de francs, en hausse de 60% par rapport à 2004 et le plus important jamais enregistré par l'assureur lausannois.

Contrainte comme ses concurrents par le cadre légal, la Vaudoise limite à quelque 5% la part de ses placements en actions. Le rendement des placements dépasse tout juste les 5,5%, selon les résultats présentés mercredi. «Grâce une bonne orientation des taux de change, la performance des placements a tout de même atteint 17 millions contre une perte de 11 millions en 2004», explique Bernard Grobéty, responsable des finances.

Le groupe a surtout profité d'un échange de portefeuilles avec La Suisse et Swiss Life. Début 2005, la Vaudoise a repris les activités d'assurance automobile, responsabilité civile et choses de son concurrent romand qu'intégrait complètement Swiss Life. Ce dernier reprenait dans le même temps son portefeuille de prévoyance professionnelle pour 43,2 millions de francs. La Vaudoise continue de distribuer des produits pour le 2e pilier, mais seulement ceux de Swiss Life.

«Ces transactions se sont déroulées à notre entière satisfaction et ont eu un impact positif tant sur le plan des affaires qu'en termes financiers», s'est réjoui Rolf Mehr, directeur général. 250 collaborateurs de La Suisse ont depuis rejoint son groupe, «aux mêmes conditions» qu'avec leur ancien employeur. Leur arrivée explique d'ailleurs la hausse des charges.

La Vaudoise compte maintenant près de 1300 employés. Une centaine de postes devraient être supprimés d'ici à trois ans, «au gré des fluctuations naturelles», précise Rolf Mehr. Son ratio combiné (charge de sinistres et frais rapportés aux primes) reste assez élevé à 105%.

Enfin, le bénéfice net doit aussi beaucoup à la filiale ValorLife (Liechtenstein). Son apport (record de 821 millions encaissés) a compensé le volume de primes cédées à Swiss Life. La Vaudoise a ainsi frôlé les 2 milliards de chiffre d'affaires (+16%).

En léger recul hier, l'action a gagné près de 40% sur un an. Les actionnaires du grand public, 32,4% du capital, recevront un dividende de 10 centimes. Les autres, essentiellement la Mutuelle vaudoise, toucheront 3 francs par action, 20% de plus qu'en 2004.