Les études ne manquent pas qui observent des salaires supérieurs dans les grandes entreprises (plus de 500 employés) à ceux des petites (moins de 25). Certaines estiment la prime à 30-50%.

Les explications sont multiples. Les grandes entreprises engageraient des salariés mieux qualifiés et feraient davantage appel aux nouvelles technologies. Ou elles offriraient des conditions de travail plus pénibles (plus grande distance avec le domicile, ambiance impersonnelle, contraintes de travail accrues, travail de nuit plus fréquent). D’autres enfin observent un plus grand degré de syndicalisation dans les grandes entreprises. A part sur ce dernier point, les théories peinent à être confirmées par l’expérience et les statistiques. Il n’est bien sûr pas aisé de comparer scientifiquement les conditions de travail.

L’existence de cet écart est l’objet de nombreuses recherches. Mais peu d’études se sont penchées sur une tendance plus récente. La prime en faveur des grandes entreprises tend à diminuer depuis 20 ans, selon l’institut IZA (1). Ceux-ci comparent les données de 1989 à celles de 2008 pour les Etats-Unis. Leur attention porte sur les différentes groupes et non pas les établissements ou usines du même groupe.

L’étude confirme la convergence des salaires réels entre grandes et petites entreprises. Celle-ci est analysée à travers le coût horaire.

Mais le quart de la réduction de 9 points de pour-cents de cette prime est compensée par l’augmentation des prestations sociales (assurance maladie, retraite). Car la couverture de ces dernières a augmenté davantage dans les grandes que les petites entreprises.

Les chercheurs de l’IZA confirment les travaux précédents sur le rôle de la formation. L’essentiel de la convergence des salaires s’explique par les caractéristiques des salariés. Le rôle de la formation est majeur: La prime s’est réduite des deux tiers entre sociétés avec des salariés peu qualifiés. Le mouvement est bien moindre pour l’emploi qualifié.

Le transfert progressif de l’emploi de l’industrie vers le commerce de détail accélère la tendance, car la prime des grandes entreprises est traditionnellement plus faible dans ce secteur. De plus le degré de syndicalisation y est plus modeste.

Un huitième de la baisse de la prime vient de la plus forte baisse du taux de syndicalisation dans les grandes entreprises. L’augmentation plus rapide de la proportion de travail féminin dans les grandes entreprises contribue (modestement) à la convergence.

Plusieurs questions majeures restent ouvertes. Est-ce que la convergence traduit l’adoption généralisée des nouvelles technologies? Quel est le rôle des conditions de travail? Est-ce que la globalisation et ses effets sur la concurrence réduit les possibilités de salaire supérieurs dans les grands groupes?

Is bigger still better? The decline of the wage premium at large firms, William Even, David Macpherson, DP 4082, 2009