Technologie

Et si les veines de vos poignets remplaçaient tous vos mots de passe? Le pari de Biowatch

La start-up romande Biowatch développe un système de reconnaissance des veines du poignet. Elle vient de lever 1,2 million de francs et vise beaucoup plus loin

Et si les mots de passe, codes PIN, cartes voire clés allaient bientôt faire partie du passé? C’est le pari de la start-up romande Biowatch, qui développe un système de lecture des veines du poignet. La société, forte aujourd’hui de cinq employés, vient ce vendredi de boucler un premier tour de financement et a pu lever 1,2 million de francs pour son développement.

«C’est une étape très importante, mais nous voulons aller beaucoup plus loin, en levant dix millions supplémentaires l’année prochaine» sourit Matthias Vanoni. Le directeur de Biowatch, ancien doctorant de l’EPFL au laboratoire de biométrie de l’institut Idiap de Martigny, sait qu’il doit aller vite, très vite: «Nous savons que les grands acteurs des smartwatches ont déposé des brevets autour de la reconnaissance des veines. Mais notre technologie est différente car nous nous intéressons à une surface de peau plus grande. Nous avons toutes nos chances».

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Pour l’heure, Matthias Vanoni travaille dans un tout petit bureau au centre de Lausanne, mis à disposition par Patrick Delarive, directeur du groupe éponyme. «C’est un peu notre coach, il nous conseille beaucoup et nous apporte un peu de «séniorité» qui nous fait forcément défaut, explique Matthias Vanoni. Et c’est aussi Patrick Delarive qui nous a aidés à boucler ce premier tour de financement».

Un brevet datant de 1985

L’histoire de Biowatch débute en juillet 2014, lorsque Matthias Vanoni tombe un peu par hasard, dans le cadre de ses études, sur un brevet déposé par un Anglais, Joseph Rice. «Ce brevet datait déjà de 1985, mais Joe n’a jamais su en tirer profit, explique le Vaudois d’adoption. Il montrait comment les veines du poignet, qui sont uniques à chaque individu, pouvaient servir de moyen d’authentification». Du coup, Matthias Vanoni propose à Joseph Rice de fonder avec lui Biowatch. «C’était l’époque où Apple lançait la technologie TouchID et où le marché des accessoires connectés décollait. Du coup, nous avons créé une boucle, qui peut être reliée à une montre, intégrant notre technologie», explique l’ingénieur.

Très vite, Biowatch reçoit plusieurs soutiens en Suisse. La Commission pour la technologie et l’innovation (CTI) lui occtroît près d’un million de francs pour miniaturiser son dispositif. Le Centre suisse d’électronique et de microtechnique (CSEM) et l’Idiap soutiennent aussi la start-up, tout comme le Crédit Agricole qui s’intéresse à la technologie pour sécuriser des opérations de paiement et de e-banking. Biowatch a aussi un accord avec la société Kaba pour intégrer sa technologie de contrôle d’accès.

Après avoir réuni plusieurs dizaines de milliers de francs via des proches, Biowatch vient donc de boucler un premier tour de financement de 1,2 million. «L’année prochaine sera très importante: nous allons prouver la fiabilité de notre produit, dépasser la phase du prototypage, nous préparer à commercialiser notre boucle et créer un service après-vente», énumère Matthias Vanoni. Biowatch se mettra ainsi en quête de partenaires, par exemple des horlogers, mais aussi et surtout des fournisseurs d’applications.

Intégration dans une montre

Selon l’ingénieur, les cas d’usage sont quasi infinis: «Intégrée à une montre, notre boucle peut par exemple vous permettre d’accéder à votre véhicule sans clé. Notre technologie permettra de s’identifier partout en n’effectuant aucune opération, puisque porter la montre ou le bracelet sera suffisant. Il suffira que cet appareil communique avec votre smartphone ou votre ordinateur, via la technologie sans fil Bluetooth ou NFC, pour que le service ou le site web soit certain qu’il s’agisse de vous». Matthias Vanoni en est conscient, sa technologie n’est pas encore parfaite: «Pour l’instant, nous constatons une erreur sur cent tentatives. Le but, via des tests à grande échelle, est de réduire cette proportion à une sur 10 000, ce qui est considéré comme le standard dans l’industrie de la sécurité».

Si Matthias Vanoni évoque, à long terme, une entrée en bourse pour sa société, il sait qu’il lui reste des étapes à franchir. «Mais je crois totalement à notre technologie, qui pourrait avoir une portée mondiale».

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