Locomotion

Vélo, métro, véhicule de location: Uber accélère sa diversification

La plateforme de voitures avec chauffeur ajoute de nouveaux modes de transport pour devenir une alternative à l’achat d’une voiture en ville

Depuis quelques semaines à San Francisco, les utilisateurs d’Uber disposent d’une nouvelle option pour se rendre à destination: louer un vélo électrique. L’offre, baptisée Uber Bike, est encore en phase d’expérimentation. Mais elle a vocation d’être rapidement étendue, à la suite du rachat début avril de Jump, une start-up américaine spécialisée dans les deux-roues en libre-service.

Le fonctionnement est simple: les vélos disponibles à proximité s’affichent sur une carte. Il suffit d’en sélectionner un pour le réserver. Un code permet de déverrouiller l’antivol. Et, une fois le trajet terminé, le deux-roues peut être attaché à n’importe quel arceau à vélo public. La facturation est automatique. Le prix est fixé à 2 dollars pour les trente premières minutes. Chaque minute supplémentaire sera facturée quelques centimes.

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Un intérêt défensif

L’intérêt d’Uber pour les vélos est avant tout défensif. La société de voitures avec chauffeur (VTC) redoute que le modèle dit de «vélos flottants» – différent du modèle avec des bornes, moins flexible et plus coûteux à déployer – ne se développe sans elle. Ce qui pourrait lui faire perdre une partie du marché des petits trajets urbains, et donc une partie de son chiffre d’affaires. C’est pour cela que ses rivaux, comme le chinois Didi, le singapourien Grab – à qui Uber a cédé ses activités en Asie du Sud-Est – et l’indien Ola, proposent aussi des vélos en libre-service.

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Au-delà, Uber Bike s’inscrit dans une nouvelle stratégie de diversification, impulsée par Dara Khosrowshahi, le directeur général depuis août 2017. «Nous souhaitons proposer plusieurs modes de transport au sein de notre application», explique-t-il. A terme, Uber doit permettre de «choisir l’option la plus rapide ou la moins chère, que ce soit une voiture, un vélo, le métro ou autre».

Jusqu’à présent, la diversification des activités d’Uber s’était effectuée sur des marchés annexes, mettant à profit la plateforme technologique développée pour le transport de passagers. L’entreprise a notamment lancé des services de coursiers, récemment fermés, ou de livraison de repas. Elle teste également depuis 2017 une plateforme dédiée au transport routier. Et elle développe des voitures et des poids lourds autonomes, ainsi que des taxis volants.

Uber boulot dodo

Les vélos ne sont qu’une première étape. A partir de fin avril, Uber va également expérimenter, toujours à San Francisco, une plateforme de location de voitures en partenariat Getaround. Cette start-up américaine permet à des particuliers de louer, pour une heure ou quelques jours, leur véhicule lorsqu’ils ne les utilisent pas. L’opération s’effectue avec un smartphone en quelques secondes et ne requiert aucun contact avec le propriétaire.

Par ailleurs, Uber s’est associé avec Masabi, une société britannique qui vend des titres de transport en commun sur smartphone. Le service est disponible dans une trentaine de métropoles en Europe et aux Etats-Unis, dont New York et Los Angeles. «Nous voulons que les gens puissent prendre un Uber pour se rendre au métro, puis qu’un autre Uber les attend à la sortie du métro», indique Dara Khosrowshahi.

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L’ajout d’autres modes de transport doit permettre à Uber d’atteindre son but: convaincre les habitants des grandes villes de ne plus acheter de voiture. «Sans ces nouvelles offres, notre plateforme ne peut pas véritablement rivaliser avec la proposition de valeur d’une voiture personnelle», reconnaît l’un de ses responsables. «Car tous les trajets ne peuvent pas être effectués avec Uber.» Pour offrir une véritable alternative aux voitures personnelles, la société doit offrir une solution pour un important nombre d’utilisations.

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