«Je n'ai jamais vu autant de monde assister à une conférence de presse de Emmi», ironise Fritz Wyss, délégué du conseil d'administration de Emmi. Malgré ses déboires, Patty Schnyder attire, il est vrai, toujours autant les journalistes. Reste à savoir si la championne séduit encore le grand public. Fritz Wyss en est persuadé. Raison pour laquelle il vient de signer un contrat de sponsoring avec la Bâloise. «Patty Schnyder fait partie des 20 meilleures joueuses du monde et jouit encore d'une très bonne image dans le public. Depuis qu'elle s'est réconciliée avec sa famille elle a, de plus, décidé de prendre un nouveau départ. Elle est donc, pour nous, la personne idéale», affirme Fritz Wyss.

Lâchée par ses sponsors

Sa relation controversée avec le gourou allemand Rainer Harnecker a pourtant laissé des traces. A part Adidas et Head, la championne a été lâchée par la quasi-totalité de ses sponsors. Les contrats avec la marque de lingerie Triumph International, avec la société informatique Asetra et avec l'importateur de voiture Amag ont été annulés. «Nous allons reprendre contact avec Amag car le contrat avait une durée de trois ans», explique cependant Willy Schnyder, le père de Patty, qui s'occupe actuellement de ses affaires. Avec la compagnie Crossair, les ponts ont également été coupés. La joueuse paie désormais seule ses déplacements. «De nombreuses personnes nous appelaient pour nous dire qu'elles ne voleraient plus avec nous si nous maintenions notre sponsoring avec Patty Schnyder», déclarait le patron de Crossair, Moritz Suter, il y a quelques semaines dans les colonnes du magazine alémanique Facts. Autre revers important: Patty Schnyder, qui s'envolera prochainement pour les Etats-Unis où elle disputera les tournois de Stanford, de San Diego et Los Angeles, n'a plus d'entraîneur et plus de manager. «Je suis en discussion avec plusieurs personnes et j'espère que je pourrais vous présenter mon nouveau team avant de partir pour les Etats-Unis, relève la Bâloise qui fait son mea culpa. Les mauvaises expériences de ces derniers mois appartiennent au passé. Je veux désormais retrouver ma place dans le top ten.»

A nouveau fréquentable

Séparée de Rainer Harnecker, Patty Schnyder est redevenue fréquentable. La société Emmi compte même en tirer un profit maximum. Le groupe laitier utilisera l'image de la championne pour lancer son nouveau yogourt, qui arrivera sur le marché cet automne. Le contrat d'une année passé avec Patty Schnyder prévoit la diffusion de spots publicitaires sur les chaînes de télévision, des campagnes dans les journaux et quelques manifestations publiques. Les deux parties ont refusé de divulguer le montant qui sera versé à Patty Schnyder. Mais Fritz Wyss avoue tout de même que pour lancer son nouveau yogourt, Emmi dépensera environ 2 millions de francs. La Bâloise ne devrait, elle, recevoir qu'une toute petite partie de cette somme.

Avec Patty Schnyder, Emmi aimerait sans doute rencontrer le même succès qu'avec DJ BoBo, la star alémanique de la dance music. La vedette, connue bien au-delà des frontières helvétiques, a participé au succès de l'Energy Milk, la boisson à base de lait, lancée depuis un peu plus d'une année et dont Emmi a déjà vendu plus de 20 millions d'unités. «Pour séduire un public jeune, DJ BoBo était la personne idéale. Il ne fume pas et ne boit pas d'alcool, ce qui facilite l'identification à un produit énergétique et sain.»

Functional food

Grâce à des produits comme Activ fit (40 millions d'unités par ans) ou l'Energy Milk, Emmi a misé à fond sur le Functional food (produits alimentaires auxquels on ajoute des composants susceptibles d'améliorer l'état de santé du consommateur). La stratégie réussit plutôt bien. Le chiffre d'affaires du groupe lucernois a progressé l'an dernier de 11%, à 697 millions de francs. Hausse également du bénéfice, qui gagne 9,7% à 16,9 millions de francs. Le nouveau yogourt que lancera Patty Schnyder en septembre est destiné à combler les petites faims entre les repas. Il pourrait bien rencontrer le même succès que ses prédécesseurs, à condition toutefois que la championne n'aie pas le bras petit.