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Le président Nicolás Maduro a présenté mercredi le nouveau billet de 100 000 bolívars qui doit permettre aux Vénézuéliens de suivre l’hyperinflation qui affecte le pays.
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Politique monétaire

Le Venezuela ajoute des zéros sur ses billets

Etranglé par sa dette, le pays caribéen devrait subir une inflation de 650% cette année. Nicolás Maduro promet une restructuration et dénonce un régime de sanctions contre-productif

Cent mille bolívars. C’est le montant du nouveau billet vénézuélien lancé cette semaine par son président Nicolás Maduro. Signe de la détérioration du climat économique du pays caribéen, la nouvelle coupure (environ 29 francs au taux de change officiel, mais seulement 2,3 francs sur le marché parallèle) remplace ce qui était, jusqu’à décembre dernier, le plus gros billet du pays: celui de 100 bolívars.

Asphyxiée par une dette extérieure de quelque 150 milliards de dollars, la République bolivarienne du Venezuela est en proie à la plus forte inflation de son histoire: 650% en 2017, selon les anticipations du Fonds monétaire international. Malgré une situation humanitaire délicate, le gouvernement a continué à s’acquitter consciencieusement des échéances de sa dette… Jusqu’au versement de 1,1 milliard de dollars de ce vendredi.

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Bolívar fait mentir Wall Street

«J’ai décidé par décret un refinancement et une restructuration de la dette extérieure du Venezuela et des remboursements», a annoncé Nicolás Maduro jeudi soir dans un discours télévisé. Après avoir contredit pendant deux décennies les centaines d’analystes financiers qui anticipaient un défaut de paiement, le gouvernement socialiste reconnaît que le niveau de dette asphyxie les finances du pays. L’Argentine, qui avait en 2001 aussi restructuré sa dette, a mis plus de quinze ans pour revenir sur les marchés financiers. Vendredi en milieu de journée, le prix des obligations vénézuéliennes à 2026 ou 2031 chutait de près de 10%.

Le Venezuela pourrait désormais faire face à de nouvelles sanctions des marchés financiers. Le pays était déjà sous la pression de Washington, qui a prohibé en août aux institutions financières américaines d’acquérir de nouvelles obligations vénézuéliennes – notamment auprès de la compagnie pétrolière d’Etat PDVSA. Elles ne pourront pas non plus négocier une quelconque restructuration de leurs créances. Faute d’un accord, les investisseurs américains pourraient commencer à saisir le pétrole vénézuélien en gage de leur dette.

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Une prophétie autoréalisatrice

Du côté de Caracas, on pointe l’inconsistance de ces sanctions qui affectent la principale source de devises du pays. Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde. Mais, plombée notamment par la chute du cours du brut, son économie s’est contractée de plus de 35% depuis 2014.

Le gouvernement bolivarien dénonce, lui, des «attaques spéculatives» de ses ennemis et a promis une énième fois d’augmenter les salaires, «la recette de la révolution», a déclaré Nicolás Maduro à la télévision. Le salaire minimum mensuel augmentera de 30%, tant pour le secteur public que privé, passant à 177 507 bolívars. Il sera complété par une hausse des tickets repas. Mais, au vu de l’inflation actuelle, le nouveau billet vénézuélien de 100 000 bolívars ne suffira bientôt plus aux Vénézuéliens pour s’assurer le minimum vital.

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