Le gouvernement vénézuélien va nationaliser 11 foreuses appartenant à la société américaine de services pétroliers Helmerich & Payne (H & P), a annoncé mercredi soir le ministre du Pétrole Rafaël Ramirez. Selon lui, cette décision a été prise car l’entreprise américaine s’est refusée à négocier ses tarifs avec PDVSA, la compagnie pétrolière nationale vénézuélienne.

«Ils se sont refusés à négocier leurs tarifs avec PDVSA et ils ont préféré garder leurs équipements inutilisés pendant un an», a rappelé le ministre. Il a précisé qu’une demande de déclaration d’utilité publique de ces équipements avait été déposée auprès de l’Assemblée nationale. En janvier, le parlement a adopté une réforme législative pour faciliter la nationalisation et l’occupation de biens et services considérés d’«utilité publique». Elle visait notamment les commerçants augmentant leurs prix à des fins «spéculatives» après la dévaluation du bolivar, la monnaie nationale, le 8 janvier.

Il y a plus d’un an, en mars 2009, H & P avait affirmé envisager de cesser ses opérations au Venezuela à la suite de l’accumulation de factures impayées par PDVSA pour près de 100 millions de dollars. Rafaël Ramirez avait alors précisé qu’il entendait revoir à la baisse les tarifs des prestataires de services du secteur pétrolier pour réduire de 40% ses coûts de production.

Force est e constater le Venezuela poursuit un programme de nationalisation depuis 2007. Tout a commencé en janvier 2007 lors l’Etat a pris le contrôle d’Electricidad de Caracas appartenant au groupe texan AES et la compagnie de téléphone CANTV appartenant en partie à Verizon. Un mois plus tard, les activités d’ExxonMobil, BP, Chevron, ConocoPhilips et Total passaient sous contrôle gouvernemental. En mai 2007, c’était au tour de Sidor (acier) filiale du groupe italo-argentin.

Le mouvement s’est poursuivi en 2008 avec la nationalisation des activités des filiales locales des cimentiers Cemex (Mexique), Holcim (Suisse) et Lafarge (France). Les négociations pour les compensations n’ont toujours pas été conclues. En juillet 2008, la Banco de Venezuela est passée dans la trappe gouvernementale. Les dernières victimes de la politique d’étatisation sont une chaîne d’hypermarchés franco-colombienne Exito, détenue par Casino (France) en janvier 2010 et le groupe alimentaire Monaca, filiale du mexicain Gruma.

Cette politique d’étatisation est dénoncée à l’étranger, mais également à l’intérieur du pays. Le mois dernier, la plus grande organisation patronale du Venezuela, la fedecamaras, a exigé le respect de la propriété privé. Selon elle, près de 200 entreprises sont passées aux mains de l’Etat depuis 2007. «Dans la plupart des cas, les confiscations ont eu lieu sans respect des lois prévues par la Constitution», a dénoncé Noel Alvarez, président de la fedecamararas. En 1999, date de la prise du pouvoir par Hugo Chavez, on dénombrait 11 000 entreprises. Aujourd’hui, il y en a un peu plus de 7000. Noel Alvares affirme que de nombreuses entreprises préfèrent s’installer dans d’autres pays de la région, notamment en Colombie et au Pérou.