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Nicolas Maduro prend des mesures pour freiner l'appauvrissement de sa population.
© AFP / FEDERICO PARRA

hyperinflation

Le Venezuela veut couvrir d’or ses retraités

La banque centrale émettra de petites quantités de métal jaune afin de garantir la valeur des économies des citoyens. Paralysé par l’hyperinflation, le pays caribéen tente aussi de s’affranchir du système financier en misant sur les cryptomonnaies

Le Venezuela rêve de graver ses retraites dans l’or. La banque centrale émettra dès mardi 11 septembre deux «petits lingots» (lingoticos), à destination principalement des pensionnés pour leur permettre d’assurer la valeur de leurs économies, dans un pays où l’inflation atteindra un million de pour cent à la fin 2018, selon les dernières projections du FMI.

Le Venezuela fait face à la plus grave crise économique de son histoire. La rapide perte de valeur de la monnaie nationale paralyse tout le pays, provoquant de graves pénuries de biens de première nécessité (lait, savon ou papier toilette) et un exode de ses citoyens vers les pays voisins.

Lire aussi: Le Venezuela ajoute des zéros sur ses billets

«Nous allons économiser en or, parce que l’or que nous amenons de la Guayana [ndlr, est du pays] appartient au peuple. Et je vais le lui rendre», a déclaré Nicolas Maduro en fin de semaine lors d’une allocution télévisée. Sous les applaudissements d’un parterre de citoyens du troisième âge, le président de la République bolivarienne du Venezuela a présenté les deux lamelles de 1,5 et 2,5 grammes, à peine plus grosses qu’une carte SIM.

Plus stable que le bolivar

Extrait des mines de la Compania General de Mineria de Venezuela (qui sera restructurée pour l’occasion), le métal jaune censé «restaurer la capacité financière du pays» coûtera 3500 et 5800 bolivars souverains l’unité. Ce nouveau «plan de ahorro» permettra aux retraités de maintenir la valeur de leurs rentes, en l’adossant à une matière première plus stable que la devise nationale.

Le reste de la population pourra aussi acquérir ces lingoticos afin de débloquer des lignes de crédit pour l’achat d’une voiture, d’un bien immobilier ou le développement d’une entreprise, a exemplifié Nicolas Maduro. Le président voit dans ce retour aux fondamentaux «la façon d’avancer vers le socialisme, l’égalité et le développement des forces productives nationales».

S’affranchir du système financier

A la recherche de la bonne formule pour enrayer la spirale inflationniste, le gouvernement bolivarien cherche à s’affranchir du système financier et des «mafias qui détruisent l’économie». En période de crise, le repli sur l’or est un classique. Au plus bas en 2009, l’or a doublé de valeur, atteignant un sommet historique début 2012 à 1900 dollars l’once (environ 28 grammes), pour se stabiliser actuellement à quelque 1214 dollars. «Personne ne pourra me dire que l’or perd de la valeur», a encore affirmé Nicolas Maduro.

Lire aussi: L’éternel come-back de l’or

Le Venezuela avait aussi innové en misant sur les cryptomonnaies pour sortir de la crise. Mi-février, il avait annoncé vouloir lever 6 milliards de dollars auprès des investisseurs internationaux grâce au «petro». Cette monnaie virtuelle garantie par les réserves de pétrole sera accessible «peut-être la semaine prochaine» à la population locale pour l’achat de biens et services à l’étranger, a évoqué Nicolas Maduro par la même occasion.

Lire aussi: La cryptomonnaie vénézuélienne? Une «escroquerie» en faveur de l’élite du pays

En août, le Venezuela a augmenté le salaire minimum de 5900% et dévalué sa monnaie de 95%. La banque centrale, qui a mis en circulation le nouveau «bolivar souverain» le 20 août dernier, lui a retranché cinq zéros.

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