Gestion de fortune

Le vent tourne pour les hedge funds

Historiquement, les hedge funds ont dégagé une performance annuelle en dollars supérieure de 4% au taux Libor. Mais ces dernières années ont été difficiles. Vers un retour à la normale?

Les distorsions créées par les principales banques centrales sur les marchés financiers ont rendu la surperformance difficile pour les gérants actifs ainsi que pour les gérants de hedge funds. Mais nous connaissons aujourd’hui une phase de normalisation des politiques monétaires, ce qui laisse entrevoir un retour en grâce de la gestion active.

A la suite de la crise financière de 2008, les banques centrales ont pris des mesures synchronisées d’assouplissement monétaire, injectant des liquidités massives dans le système financier. Ces actions ont permis de garantir le bon fonctionnement des marchés, évitant surtout une crise paralysante de liquidité. La baisse historique des taux directeurs a eu comme conséquence une hausse quasi continue des grandes classes d’actifs traditionnelles, actions et obligations avec, en parallèle, une diminution de la volatilité et de la dispersion des rendements. Dans ce contexte favorable aux classes d’actifs risqués au sens large, la valeur ajoutée d’une gestion active était atténuée par un manque de distinction entre bons et mauvais actifs. Les hedge funds, comme tout gérant actif, s’appuient tout particulièrement sur l’analyse fondamentale et se nourrissent de la volatilité.

Retrait progressif des liquidités

Mais le vent tourne. Le plein-emploi et la croissance économique, ainsi que les perspectives d’une politique américaine de relance (même si les ardeurs de l’administration Trump ont été réfrénées ces derniers temps), ont renforcé la probabilité d’une normalisation de la politique monétaire, d’abord aux Etats-Unis puis, plus tard, en Europe. Même en excluant un niveau de risque politique et géopolitique élevé, le retrait progressif des liquidités par les banques centrales, en premier lieu par la Fed, aura comme conséquence un accès au marché des capitaux beaucoup plus sélectif. Les valeurs en bourse seront alors portées principalement par les fondamentaux, et moins par le flux de liquidités déterminé par les politiques monétaires. Si le mouvement de baisse de taux amorcé par la Fed en 1982 est désormais derrière nous, cela signifierait un changement significatif de la dynamique des marchés financiers, phénomène que les acteurs de la finance mondiale n’ont pas connu depuis 25 ans.

Quels que soient les thèmes centraux du moment, le but premier des hedge funds consiste à générer des rendements décorrélés des grandes classes d’actifs, tout en protégeant le capital de l’investisseur par une gestion active du risque. N’étant pas une classe d’actifs mais un style de gestion, les hedge funds ne sont généralement pas exposés au risque de duration. Ils offrent de ce fait une alternative intéressante à une exposition obligataire tout en ayant un profil rendement/risque similaire.

Une vraie alternative

Les hedge funds constituent aujourd’hui une vraie alternative dans le cadre d’une allocation d’actifs globale. Les actions offrent un rendement espéré supérieur mais avec un niveau de volatilité associé bien plus élevé. Les investissements en private equity offrent aussi de meilleures perspectives de rentabilité mais l’investisseur doit accepter le caractère illiquide de cet investissement. Les obligations comportent un risque de duration et parfois de crédit. Dans un contexte de taux bas, les hedge funds peuvent apporter une source de rendement toujours attractive et peu corrélée avec ces autres instruments. Historiquement, les hedge funds ont dégagé une performance annuelle en dollars supérieure de 4% au taux Libor, le principal indice monétaire ces 20 dernières années, période marquée par plusieurs crises financières. Pictet table sur une performance totale annuelle similaire au cours des dix ans à venir.

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