Lundi dernier, l’Espagne et l’Italie ont à nouveau interdit la vente d’actions à découvert. Comme en août 2011. L’interdiction de cette pratique qui permet, notamment, de spéculer sur la baisse d’un titre avait alors été prolongée à plusieurs reprises, avant de finalement être levée le 24 février.

En Italie, l’interdiction ne portait initialement que sur une semaine – jusqu’à vendredi dernier – et ne concernait que les actions de banques et de compagnies d’assurance. Mais l’autorité boursière Consob a finalement décidé vendredi de la maintenir jusqu’au 14 septembre. Du côté espagnol en revanche, la vente de toutes les actions à découvert sera interdite pour une durée de trois mois. Le gendarme des marchés espagnols a justifié cette mesure dans un communiqué: «Les marchés de titres européens traversent une période de volatilité extrême qui pourrait se traduire par un fonctionnement désordonné et affecter l’évolution normale des activités financières.»

Une pratique qui fait débat

L’interdiction de la vente à découvert prête à débat. Pour certains, il s’agit du meilleur moyen de lutter contre les attaques de spéculateurs. Pour d’autres, l’interdiction contribue à nourrir la nervosité des marchés et à pousser les investisseurs à fuir les titres considérés comme étant risqués du fait même de cette interdiction qui les touche.

Cependant, à partir du mois de novembre, l’autorité européenne des titres et des marchés (ESMA) disposera de pouvoirs de coordination pour imposer des restrictions aux ventes à découvert. Un moyen d’éviter que les spéculateurs ne se reportent vers d’autres marchés, où se traitent les mêmes titres sans aucune restriction.