Banques

La vente de participations historiques fait bondir le bénéfice de Lombard Odier

L'établissement genevois a enregistré une hausse de 20% de son bénéfice net consolidé, à 144 millions de francs, en 2015. Les actifs sous gestion ont quant à eux stagné à 160 milliards

Le groupe Lombard Odier a publié mercredi matin ses résultats annuels 2015. C’est la deuxième fois que l’établissement privé genevois, fondé en 1796, se prête à l’exercice depuis son changement de statut opéré en 2014. L’occasion de comparer les chiffres avec deux de ses associés, à savoir Patrick Odier et Hugo Bänziger.

Premier constat: le bénéfice net consolidé s’est inscrit en hausse de 20% par rapport à 2014 pour atteindre 144 millions de francs. Il avait déjà progressé de 12%, à 70 millions de francs, au premier semestre. Le bénéfice net hors éléments exceptionnels est quant à lui resté «globalement inchangé». Les deux associés expliquent notamment cette différence par la réalisation de participations qu’avait la banque de longue date. «Des participations minoritaires et non-opérationnelles», précisent-ils sans toutefois en dire davantage sur leur nature exacte.

Patrick Odier, seul associé senior depuis 2008, se montre satisfait d’un résultat obtenu au cours d’une année qu’il juge «plutôt difficile». «Elle fut difficile pour plusieurs raisons, rappelle-t-il, à commencer par l’abandon du taux plancher et l’instauration par la BNS de taux d’intérêt négatifs. Mais elle aura finalement été satisfaisante parce que notre rentabilité s’est inscrite en hausse», poursuit-il.

A noter que l’amende américaine de 99,5 millions de francs annoncée le 31 décembre 2015 n’a pas pesé sur les résultats de la banque, précise Hugo Bänziger. «Cela montre la qualité du travail de nos équipes qui avaient provisionné de manière adéquate et avec toute la prudence nécessaire dans le cadre de cette affaire.»

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Dépenses en hausse

Deuxième constat: les revenus opérationnels de la banque ont progressé de 4% sur un an pour atteindre 1075 millions de francs. «Nous avons notamment profité d’une activité soutenue de la clientèle durant les quatre premiers mois de l’année quand il a fallu rééquilibrer les portefeuilles suite à l’abandon du taux plancher», souligne Patrick Odier.

Cette hausse n’a toutefois pas suffi à améliorer le ratio coûts sur revenus qui reste à 80% alors que l’objectif de la banque se situe à 70% à terme. «Cela s’explique par la poursuite de nos programmes d’investissements, justifie Hugo Bänziger, qui cite en exemple des dépenses devant permettre, à terme, l’automatisation de l’ouverture des comptes. Patrick Odier précise de son côté que les investissements consentis concernent également la gestion de fortune et la gestion d’actifs. «Nous avons continué de recruter des talents avec pour objectif d’améliorer notre efficience opérationnelle.»

Le nombre d’employés de Lombard Odier a ainsi progressé en 2015, passant de 2100 à 2180. «Nous tablons sur une stabilisation de nos effectifs», souligne toutefois Patrick Odier, qui n’exclut pas quelques ajustements à l’avenir. Une délocalisation d’équipes opérationnelles de Genève vers l’étranger, comme l’a annoncé Pictet au mois de février, serait-elle imaginable? «Notre volonté est davantage d’optimiser et d’améliorer nos compétences que de délocaliser, répond l’associé senior. Mais il est certain qu’un établissement à vocation internationale comme le nôtre doit toujours s’assurer que ses infrastructures sont là où elles sont nécessaires.»

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Nouveaux mandats

Troisième constat: les actifs sous gestion sont restés stables à 160 milliards de francs, contre 161 milliards un an plus tôt. «Ce qui est une bonne performance compte-tenu de l’impact monétaire négatif du début d’année et du fait que les actifs que nous gérons sont libellés pour un tiers seulement en francs, un tiers en euros et un tiers en dollars», précise Hugo Bänziger.

Les actifs totaux de la clientèle quant à eux, soit les fonds gérés mais aussi ceux qui sont simplement déposés chez Lombard Odier, ont augmenté de 9 milliards pour atteindre 224 milliards de francs fin 2015. «L’afflux d’argent frais représente 13 milliards de francs et provient à la fois de Suisse, d’Europe et des marchés émergents, Asie en tête, stipule Hugo Bänziger. Quant à l’effet des marchés et des devises, il a entraîné une réduction de 4 milliards de francs des actifs totaux.»

A noter encore que les actifs de la clientèle privée et ceux provenant de «l’asset management» (ndlr, gestion d’actifs), soit respectivement 116 et 49 milliards de francs, sont restés inchangés tandis que ceux liés au troisième métier de la banque – «les services technologiques et bancaires» – ont augmenté de 9 milliards. «Nos efforts déployés dans ce secteur ont payé en 2015 et nous ont permis d’obtenir de nouveaux mandats», observe Hugo Bänziger sans pour autant préciser si cette augmentation est le résultat d’un mandat en particulier ou de plusieurs petits mandats.

Reste enfin la question du collège des associés. Après le décès de Bernard Droux début 2015 et le départ à la retraite de Thierry Lombard à la fin 2014, celui-ci ne compte plus que six personnes. «Un chiffre qui nous convient parfaitement, assure Patrick Odier. Aucune annonce n’est à l’ordre du jour.»

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