Les commandes de Bobst ont souffert au premier semestre du ralentissement économique global. Le premier fournisseur mondial de machines pour les emballages en carton compact et en carton ondulé, basé à Prilly-Lausanne (VD), a toutefois vu son chiffre d'affaires progresser de 6,5%, à 675,7 millions de francs. «Une croissance en ligne avec nos estimations, qui étaient de 6,9%», indique Caroline Price, analyste à UBS Warburg. «Ce résultat reflète le ralentissement du marché nord-américain», remarque l'analyste, «mais il est encourageant de voir que le groupe progresse alors que l'industrie des machines d'emballage dépend des dépenses en capital des entreprises clientes: Bobst a encore pu bénéficier de quelques-unes». Quant au bénéfice, il a progressé de 8,6% pour s'élever à 45,7 millions de francs. Fabrizio Cattaneo, analyste à la banque Julius Bär, est positif sur la société. Il estime que le résultat est «satisfaisant en comparaison avec l'évolution des affaires des autres sociétés du secteur, comme le groupe schaffhousois SIG». Ce dernier a fait état d'une croissance nulle du chiffre d'affaires au premier semestre, et d'un recul de 38% de son bénéfice net. En outre, Fabrizio Cattaneo relève que la comparaison des premiers semestres 2000 et 2001 de Bobst doit tenir compte du taux d'activité exceptionnel des clients de Bobst en 2000. Le bénéfice opérationnel se situe à 57,8 millions, en hausse de1% sur le premier semestre 2000. «Il est en dessous de nos estimations, qui étaient de 61,1 millions de francs», indique Caroline Price. Mais l'analyste de UBS Warbug précise que ce montant inclut des coûts exceptionnels.

Le moteur de croissance a été principalement l'alliance avec l'allemand BHS Corrugated, dont Bobst détient 30%, et l'acquisition de Fairfield Enterprises en Grande-Bretagne, conclues en 2000. En termes géographiques, l'Europe a clairement tiré le chiffre d'affaires, qui a augmenté de 15,8%, alors qu'il a reculé de 3,2% dans les Amériques (Nord et Sud), et n'a pas varié en Asie. L'Europe est aujourd'hui le premier marché de Bobst avec une part de 54,8% du chiffre d'affaires total à fin juin 2001. «Mais l'Europe ne parviendra pas à compenser le ralentissement américain au deuxième semestre», estime Patrick Huber, analyste à la banque Pictet & Cie.

En octobre, la société devrait introduire l'action nominative unique. Il en résultera le versement d'un dividende brut de 194 francs par nouvelle action. Une initiative qui, selon Fabrizio Cattaneo, démontre que l'excellent management du groupe a fait un choix non opérationnel très favorable aux actionnaires. Faut-il anticiper un rebond du prix de l'action dès l'entrée de la nouvelle action? Pas nécessairement, estime Caroline Price. «L'objectif en est surtout l'amélioration de la liquidité du titre, qui s'échangera plus facilement.»

Les ventes vont stagner

Pour la suite de l'exercice 2001, la direction du groupe s'attend à ce que la contraction dans l'industrie de l'emballage se poursuive, «les clients demeurant hésitants dans leurs décisions d'investissement». Sur base comparable, le chiffre d'affaires devrait atteindre un niveau similaire à celui de 2000 (15,5 milliards de francs). Mais compte tenu des acquisitions et alliances de l'an dernier, il atteindra 1 à 2%, estime le groupe. «La perspective d'une hausse de seulement 1 à 2%, y compris les acquisitions, est décevante», estime Patrick Huber. L'analyste de Pictet révisera ses estimations à la baisse pour l'exercice 2001