Le groupe bâlois Clariant, numéro un mondial du secteur des spécialités chimiques, a annoncé jeudi une baisse de 6% de son chiffre d'affaires 1998, à 9 341 milliards de francs (-1% en monnaies locales). Ses six divisions enregistrent un tassement en raison de la crise asiatique et de sa propagation en Amérique latine.

Stagnation aux Etats-Unis

Clariant vend une bonne partie de ses produits à des industries liées à la consommation et à la vie courante (automobiles, textile, emballages, lessives, construction, sports et loisirs). L'alarme économique qui s'est étendue en Russie, puis surtout au Brésil, a affecté les résultats de la compagnie.

Les bonnes ventes réalisées en Europe n'ont pas pu compenser les effets de la crise et la stagnation des affaires aux Etats-Unis. Malgré cet affaissement, Clariant escompte réaliser une «augmentation réjouissante» de la marge d'augmentation ainsi que du bénéfice net qui pourrait compter deux chiffres.

Selon Daniele Scilingo, analyste chez Vontobel, qui avait prédit cette baisse de 6% du chiffre d'affaires, «les résultats annoncés par Clariant sont moins pires qu'escomptés». L'analyste zurichois est cependant d'avis que les affaires vont stagner «durant trois à six mois». C'est la division des colorants pour textiles qui a enregistré la baisse la plus importante (–10% à 2 345 milliards de francs). Celles des pigments et additifs, de la chimie fine et des celluloses & polymères, ont fléchi de 6% pour atteindre, respectivement, 1 882 milliard, 1 117 milliard et 963 millions de francs.

Les ventes de la division détergents se sont contractées de 2%, à 2 057 milliards de francs, et celle des mélanges maîtres de 1%, à 977 millions de francs.

Pour gagner davantage d'argent, Clariant veut désormais subdiviser ses divisions en trois segments: les semi-spécialités, les spécialités et la chimie fine. C'est dans ce troisième secteur que Clariant compte se développer et investir dans la mise sur le marché de nouveaux produits. La chimie fine comprend l'unité des matériaux électroniques et les produits intermédiaires destinés aux industriels des «sciences de la vie» (pharmacie, biotechnologie, agrochimie).

A deux pas de Wiesbaden

Avec près de 10 000 salariés éclatés sur treize sites, la filiale allemande du groupe bâlois reste de loin la plus importante. L'essentiel des forces de Clariant s'y concentre dans la région de Francfort.

Le siège de l'unité des matériaux électroniques se situe à quelques kilomètres de Wiesbaden, dans un vaste parc industriel. Cette unité d'affaires regroupe deux segments «prometteurs»: des produits utilisés dans la fabrication d'écrans plus petits, plus légers et plus plats; des photorésistants utilisés dans les microprocesseurs.

L'industrie automobile, celle des télécommunications et l'industrie informatique sont gourmandes en puces. Les deux dernières connaissent une évolution plutôt favorable. Selon Andreas Zimmermann, responsable du développement de l'unité, le marché des matériaux électroniques «augmente de 10 à 12% par an depuis une vingtaine d'années». Selon le cadre de Clariant, le marché pèse 1,5 milliard de DM. Le groupe bâlois affiche un chiffre d'affaires de 360 millions de DM. Et compte rester l'un des plus importants acteurs, aux côtés des Japonais et des Américains, grâce à une centaine de millions de francs investis dans ses sites coréens, américain et japonais.