SIHH 2017

Les ventes d’Audemars Piguet ont atteint un nouveau record

La marque a connu une croissance comprise entre 5 et 10%, l’an dernier. François-Henry Bennahmias, son patron, rappelle que la crise actuelle porte davantage sur la crédibilité de l’offre que sur la faiblesse de la demande

Stanislas Wawrinka est à l’autre bout du monde. Il bataille à l’Open d’Australie. Pourtant, dimanche soir, quand le champion de tennis a découvert ce que son sponsor Audemars Piguet allait présenter au Salon International de Haute Horlogerie (SIHH), il a immédiatement écrit au patron pour lui demander de lui réserver l’une de ces nouvelles Royal Oak.

Pour François-Henry Bennahmias, homme fort de la marque de la Vallée de Joux, il ne s’agit pas que d’une anecdote. «Dès l’annonce de la sortie de ce modèle, nous avons eu des dizaines de coup de fil. Tout le monde veut cette montre», assure-t-il dans son petit bureau provisoire du SIHH, qui se tient cette semaine à Genève.

Et l’on parle ici d’un modèle à 85’000 francs particulièrement difficile à obtenir vu la complexité du processus de fabrication – seules cent de ces calendriers perpétuels intégralement réalisés en céramique noir seront écoulées cette année. «Cela montre bien que lorsqu’une marque arrive à générer les bonnes émotions, ses clients répondent plus que jamais présent.»

«Trop de mensonges»

N’allez surtout pas lui parler de crise. «Quelle crise? Tout ce que je vois, c’est une crise sur la crédibilité des messages. Les marques ont raconté trop de mensonges à leurs clients et ces derniers sont déçus. C’est l’une des grandes erreurs récentes de l’industrie», répète-t-il.

Lire aussi: «La crise horlogère n’est pas une crise économique» (28.09.2016)

Le recul généralisé des ventes de montres dans le monde constaté par une large partie de ses voisins du salon? Il le balaye donc d’un revers de main: «En 2015, nous avions dépassé les 800 millions de francs de chiffre d’affaires. En 2016, nous nous sommes rapprochés des 900 millions, avec une croissance comprise entre 5 et 10%.»

Le nombre de montres écoulées reste néanmoins identique car François-Henry Bennahmias ne veut pas «noyer» le marché avec ses gardes-temps. Comme en 2016, la marque en enverra 40’000 dans ses boutiques, pas une de plus. Cette année, il y en aura même une de moins; celle que le patron a mise de côté pour Stanislas Wawrinka.

Publicité