La Chine compte 317 milliardaires, selon un classement publié fin février par l’institut chinois Hurun. Juste derrière les Etats-Unis (409). Or, parmi les super-riches de Chine, 83 seraient des membres du parlement. Leur fortune moyenne équivaudrait à 3,35 milliards de dollars chacun alors qu’à titre de comparaison, la Chambre des représentants et le Sénat américain ne comptent aucun milliardaire.

Parlementaires ou non, le club des milliardaires chinois accueille vraisemblablement des amateurs d’art. Depuis 2010, la Chine a ravi aux Etats-Unis le rang de premier marché au monde en matière de ventes d’œuvres d’art aux enchères. Une tendance qui s’est confirmée en 2012 d’après une étude publiée jeudi par Artprice, leader mondial des banques de données sur la cotation et les indices de l’art. Sur les 12,269 milliards de dollars rapportés par des ventes d’œuvres d’art en 2012, 5,068 milliards provenaient de Chine. Soit 41,3% des recettes totales ou dix années de ventes aux enchères en France.

La progression est toutefois moins importante qu’en 2011 (environ 4,8 milliards de ventes en Chine) lorsque le volume d’affaires avait bondi de 49%. La Chine enregistre même son pire taux d’invendus depuis 5 ans avec 53,9% des œuvres qui n’ont pas trouvé preneur lors des ventes aux enchères contre 37% en Occident.

Pour Artprice, la situation actuelle rappelle ce qui s’est passé en Occident au début 2008, soit une baisse globale des prix (-7,5%) après une période d’achats frénétiques. Le marché américain avait alors perdu un milliard de dollars et certaines ventes enregistré des taux d’invendus bien supérieurs à 40%.

Fin de l’âge d’or?

Plusieurs facteurs expliquent ce coup de frein. «La période est à la prise de conscience de l’équilibre précaire face au ralentissement de l’économie chinoise», explique le leader de la cotation en ligne. Du coup, les collectionneurs rechignent à vendre leurs œuvres les plus prestigieuses. Alors que 22 œuvres dépassant 10 millions de dollars avaient été cédées en Chine en 2011, seules six pièces ont atteint cette somme l’année dernière.

Le désengagement des fonds d’investissement en art a lui aussi contribué à l’apathie du marché, note Artprice. Alors que ces fonds se sont «rués sur les marchés» durant deux ans, «provoquant un emballement soudain du marché de l’art», nombre d’entre eux traversent actuellement «une période de transition et remboursent leurs passifs».

Pour Artprice, cet «assagissement du marché» représente une chance bien plus qu’un échec. Il pourrait ainsi contribuer à réduire le nombre de transactions frauduleuses, les retards de paiement et les impayés. «Autant de problèmes récurrents qui ont entraîné l’appauvrissement de l’offre haut de gamme en 2012.»