Qu'il s'agisse de son sport favori, la voile, ou de ses affaires, Ernesto Bertarelli, patron de Serono, numéro un européen de la biotechnologie, garde le sourire. Jeudi, il a annoncé les résultats au 2e trimestre 2003 de son entreprise, qui s'avèrent très bons: un chiffre d'affaires qui s'établit à 508,4 millions de francs, en hausse de 33,8% par rapport à la période correspondante en 2002 et un bénéfice net qui atteint 107,7 millions de dollars, en progression de 13,2%.

«Les résultats sont le reflet de la solidité des fondamentaux de la société», a-t-il commenté. Ce n'est pas tout. A partir des tendances enregistrées depuis le début de l'année, Serono entrevoit une croissance de 20% du chiffre d'affaires, proche du seuil de 2 milliards de dollars, en 2003. Le bénéfice net s'élèverait à 385 millions de dollars. En 2002, le groupe avait réalisé un chiffre d'affaires de 1,546 milliards de dollars et un bénéfice de 321 millions de dollars.

La clé du succès, le Rebif, médicament qui ralentit l'évolution de la sclérose en plaques, terrible maladie en forte progression dans le monde et surtout aux Etats-Unis. Les ventes y ont atteint 42,2 millions de dollars au 2e trimestre 2003. Selon Micheal George, porte-parole de la société à Genève, le produit augmente sa part de marché année après année. «Notre objectif est de devenir le numéro un, avec 30% du marché en 2006, contre 10% actuellement», déclare-t-il.

Il faut dire que le Rebif a un sérieux concurrent, l'Avonex du groupe américain Biogen. Celui-ci a également présenté jeudi des résultats au 2e trimestre 2003, avec des ventes en hausse de 14% à 286 millions de dollars. Micheal George fait remarquer que plusieurs tests confirment l'efficacité significativement plus élevée du Rebif comparé à l'Avonex. Un résultat vérifié par la communauté médicale puisque le nombre de prescriptions du médicament suisse est en hausse de 15%.

Investissements massifs dans la recherche

Pour Serono, la confiance émane également de l'activité Recherche et Développement, en progression à 108,5 millions de dollars, soit près d'un quart du chiffre d'affaires total. «Nous disposons d'un excellent pipeline et avons accompli des progrès significatifs dans différents programmes», a expliqué Allan Shaw, directeur des finances. Plusieurs essais sont en cours, notamment pour le traitement du psoriasis (maladie de la peau) de même que dans le domaine de la fécondation in vitro. Parmi les plus prometteurs, un recombinant, l'Emfilermine, présente de bonnes perspectives dans la mesure où il augmente les taux de grossesse pour les femmes chez qui l'embryon n'a pas réussi à s'implanter. Dans un seul cas, après avoir dépassé plusieurs étapes, les essais sur la maladie de Crohn (maladie inflammatoire chronique affectant la partie terminale de l'intestin) ont été abandonnés.

Le ralentissement économique plombe-t-il les résultats de Serono? «Certainement oui dans le domaine de la santé reproductive», répond Micheal George. Un couple sur six souffre de problèmes d'infertilité dans le monde. «Mais les coûts du traitement ne sont pas toujours remboursés par les assurances maladie, notamment aux Etats-Unis, affirme le porte-parole de Serono. C'est un traitement onéreux et en cas de basse conjoncture, les patients sont plus hésitants.»