Pipeline de produits garni, recommandation positive des autorités américaines pour un nouveau médicament et intérêt des investisseurs, les six derniers mois ont souri à Novartis. De plus, la compagnie pharmaceutique bâloise affiche des résultats réjouissants au premier semestre. Sur les six premiers mois de l'année, Novartis a ainsi vu son bénéfice net augmenter de 12% par rapport à la même période de 1999 à 4,2 milliards de francs. Le bénéfice progresse même de 30% si l'on ne prend pas en compte les gains exceptionnels (560 millions de francs) réalisés au premier trimestre 1999. Cette année, Novartis a toutefois bénéficié d'un résultat financier en forte hausse (+51%) à 851 millions de francs. Cette augmentation est principalement due à des plus-values réalisées sur des taux de change et ne se reproduira pas au second semestre, indique le communiqué du groupe.

Au premier semestre, le chiffre d'affaires a atteint 19 milliards de francs (+15%). En monnaies locales, les ventes ne progressent toutefois que de 6%. Ce sont les divisions Pharma, Generics et Consumer health qui ont été les moteurs de la croissance. Dans la pharma – la division phare du groupe avec un chiffre d'affaires de 8,4 milliards (voir tableau) – la forte progression des ventes de Diovan (+54%), un médicament contre l'hypertension, a permis de compenser le recul (-10%) du Voltarène (antirhumatismal), en proie à la concurrence de médicaments génériques, et du Neoral (-3%), un produit utilisé pour les transplantations. La rentabilité de la pharma s'est également améliorée puisque la marge d'exploitation au premier semestre a augmenté de 29,3 à 30,4%. La rentabilité des activités Generics et Ciba Vision a également progressé tandis que celle de la division Consumer Health a souffert en raison d'importants investissements pour le lancement de nouveaux produits. Par ailleurs, les marges du secteur Animal Health se sont contractées fortement – de 20,3 à 12,8% – sous l'effet de la concurrence.

La division Agribusiness (semences et insecticides), qui sera désinvestie d'ici à la fin de l'année, a dégagé un résultat opérationnel en forte hausse (+46%) grâce à l'amélioration des conditions sur les marchés. La création de la nouvelle société Syngenta, née de la fusion des activités agribusiness de Novartis et d'Astra Zeneca, devrait intervenir au quatrième trimestre. Elle sera soumise au vote d'une assemblée générale extraordinaire qui se tiendra le 11 octobre.

«Ces résultats correspondent aux attentes», relève Michel Venanzi, analyste à la Banque Darier Hentsch & Cie. L'action Novartis a peu réagi. Elle a clôturé hier en hausse de 0,91% à 2659 francs. Plusieurs investisseurs considèrent désormais que Novartis est une meilleure opportunité que Roche dont les ventes pharma au premier semestre ont progressé de 10% en francs et 2% en monnaies locales.

Le chiffre d'affaires de Novartis pour l'année en cours devrait afficher une croissance à un chiffre en monnaies locales. Quant au résultat opérationnel, il devrait en revanche être en solide progression pour l'ensemble de l'année, a indiqué Daniel Vasella dans un communiqué. Sauf perturbations majeures sur les marchés financiers, Novartis table sur un revenu financier net de l'ordre de 1 milliard de francs et sur un bénéfice net supérieur à celui de l'exercice précédent qui s'était élevé à 6,6 milliards de francs pour un chiffre d'affaires de 32,5 milliards.

Le président et délégué du conseil d'administration de Novartis a toutefois précisé: «Nous anticipons, en monnaies locales, un léger fléchissement du dynamisme au troisième trimestre, puis un regain au quatrième trimestre.» Le groupe peut compter sur un pipeline de médicaments bien garni. Le dossier du Xolair, destiné au traitement de l'asthme, a été soumis début juin. Le Zelmac (traitement du syndrome du côlon irritable) vient d'obtenir une pré-approbation de l'administration américaine (FDA). Cette décision devrait permettre à Novartis d'introduire plus rapidement que prévu le Zelmac sur le marché. Une annonce de bon augure pour la firme bâloise puisque certains analystes n'hésitent pas à voir dans ce produit un blockbuster potentiel, dont les ventes pourraient dépasser le milliard de dollars par an.