Innovation

Venture Kick a créé près de 400 start-up

L’initiative privée de soutien aux jeunes entreprises fête ses dix ans. Elle a participé à la naissance de plus de 4700 emplois

Lancée il y a dix ans, l’initiative de soutien aux start-up Venture Kick a aidé au total 552 projets et injecté 21 millions de francs d’aide directe. Grâce à cette mise de départ, 392 jeunes pousses ont pu voir le jour, créant plus de 4748 nouveaux emplois durant cette période.

Parmi ces start-up, certaines sont devenues des sociétés d’envergure, à l’exemple de VirtaMed à Zurich, une entreprise active dans la simulation numérique qui emploie plus de 100 personnes. On peut aussi citer le fabricant vaudois de drones SenseFly ou la société lausannoise MindMaze, qui a inventé un casque de réalité virtuelle pour les victimes d’AVC. L’entreprise lausannoise L.E.S.S., qui développe une technologie de fibres optiques qui intéresse les constructeurs automobiles, ou la société zurichoise Climeworks, qui a inauguré deux usines capables de capturer le dioxyde de carbone, ont aussi démarré grâce à Venture Kick.

«Le taux de survie des start-up est de 89%», constate Jordi Montserrat, codirecteur avec Beat Schillig de cette initiative privée lancée par les fondations Gebert Rüf et Ernst Göhner, rejointes ensuite par OPO-Stiftung et Avina, puis par la Fondation Lombard Odier, le groupe Debiopharm ou Swisscom. «Sur les 392 start-up soutenues en dix ans, 350 d’entre elles sont toujours en vie.»

Principale difficulté: recruter des spécialistes

Venture Kick vise à identifier et promouvoir les idées commerciales innovantes issues de la recherche académique et ayant la volonté d’ancrer leur projet en Suisse. L’objectif de cette initiative est à la fois d’accélérer le processus de création d’entreprises et d’améliorer l’attractivité des start-up auprès des investisseurs. Chaque franc donné par Venture Kick a eu un effet de levier en moyenne de 83 francs.

«Nous recevons de plus en plus de dossiers. Cette année, nous en avons obtenu environ 420», relève Jordi Montserrat. Un jury est chargé de sélectionner les dossiers les plus prometteurs. Le projet peut décrocher 10 000 francs à la première étape, 20 000 francs à la deuxième et 100 000 francs à la troisième. Les meilleurs projets peuvent ainsi au total obtenir jusqu’à 130 000 francs.

Kicker camps

«Entre chaque étape, nous organisons des kicker camps, à savoir des séminaires de deux jours où les start-up apprennent à créer de la valeur, à concentrer leur plan d’action ou à valider commercialement leur produit. Lors du dernier kicker camp, nous proposions des conseils d’administration virtuels pour résoudre des défis opérationnels et stratégiques», précise Jordi Montserrat.

Actuellement, 3,2 millions de francs sont investis chaque année directement dans les start-up. «J’espère augmenter ce budget à 5 millions de francs, prévoit le codirecteur de Venture Kick. Aujourd’hui en Suisse, les principales difficultés résident certes dans le financement dans la croissance des start-up mais surtout dans les conditions du marché, notamment les difficultés à recruter des spécialistes. Si ces conditions sont bonnes, les start-up resteront en Suisse quelle que soit l’origine du financement», précise Jordi Montserrat.

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