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En 2015, seul 35% des coureurs ont terminé la version longue, de 111km et 8400m de dénivelé positif, du Trail de Verbier-St-Bernard (ici le Lac de Fenêtre, à 2500 mètres d'altitude).

Montagne

A Verbier, le trail raccourcit la saison morte

La course à pied Verbier-St-Bernard va attirer plus de 2000 coureurs et au moins autant d’accompagnants, ce week-end. L’événement né en 2009 a trouvé un second souffle et s’installe comme un incontournable de la station bagnarde

L’objectif est atteint. Ils seront plus de 2000. Pour sa huitième édition, le Trail Verbier-St-Bernard (TVSB) battra largement son précédent record du nombre de coureurs inscrits. En 2014 et en 2015, ils étaient environ 1500.

Le rendez-vous, inauguré en 2009, a trouvé un second souffle depuis 2014. Les organisateurs ont un nouveau produit phare: l'X-Alpine. Une course longue de 111km et de 8400m de dénivellation positive, de Verbier à Verbier, en passant notamment par le sommet de Catogne (2600m) et les cols du Grand-St-Bernard et de Mille.

Mais le TVSB englobe d’autres formats de course, adaptés à d’autres niveaux. La Traversée (61km), Liddes-Verbier (29km) et, depuis cette année, un «kilomètre vertical» entre le Châble et Verbier, démocratisent quelque peu le programme, alors que le trail running connaît un essor fulgurant auprès des citadins, ces dernières années.

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Avant la musique classique

Le succès est tel qu’à Verbier et dans la région, le TVSB peut se targuer d’ouvrir officiellement la saison estivale. Il raccourcit en tout cas la saison morte à Verbier, qui, jusqu’ici, attendait le festival de musique classique, qui débute le 22 juillet.  

En plus des 2000 coureurs, quelques 2500 accompagnants sont attendus entre vendredi et dimanche. Il n’existe pas de chiffre exact du nombre de nuitées directement liées à ce rendez-vous. Mais certains hôtels qui, auparavant, attendaient le Verbier Festival, ré-ouvrent leurs portes deux semaines plus tôt.

«Les hôtels de catégorie moyenne qui ont fait ce choix sont quasiment tous complets», témoigne Vincent Riba, de Verbier Promotion, la société chargée du marketing et de la communication de la station et de sa région. «Je ne m’intéresse pas du tout à ce sport, je ne comprends pas trop son intérêt, explique un habitant du Châble, contacté par téléphone. Mais c’est indiscutable: cette course réveille la région plus tôt que d’habitude.»

Parmi les officiels, personne ne semble remettre en question la pertinence de cet événement. «C’est une belle vitrine, une locomotive pour la randonnée, qui est notre produit phare», confirme Gaëtan Tornay, le directeur de la destination Pays du St-Bernard.

A la demande des collectivités, l’organisation fait tout pour que les retombées ne se concentrent pas seulement sur trois jours. Elle a balisé les parcours de manière permanente en éditant une carte de randonnée et met sur pied de stages de préparation. «C’est d’autant plus intéressant que les participants sont amenés à revenir», ajoute Vincent Riba.

On l’a compris, le TVSB est installé. «C’est un peu le pendant estival de l’Xtreme de Verbier», ose sa co-présidente, Tiphaine Arthur. «Il est évidemment moins important, tempère Vincent Riba. L’Xtreme, comme le Verbier Festival, existe depuis plus de vingt ans et jouit d’une renommée internationale. Mais ce trail fait partie des événements phares, au même titre que le VTT ou le concours hippique».

Un statut qui pourrait aussi devenir un désavantage. Tiphaine Artur craint que certains soutiens n’aillent voir ailleurs, considérant que le TVSB peut voler de ses propres ailes.  

L’événement n’est pas déficitaire, sachant aussi qu’aucune des 400 personnes qui sont mobilisées n’est rémunérée. En 2009, les recettes avaient atteint 218 000 francs, surtout grâce aux partenaires institutionnels et aux sponsors privés. Aujourd’hui, le budget se monte à 370 000 francs. Et environ 60% de cette manne – 200 000 francs – proviennent des inscriptions. Les revenus de sponsoring, eux, sont trop incertains, au goût des organisateurs. «Ce trail remplit les critères pour obtenir un soutien institutionnel», rassure en tout cas Vincent Riba.

Les Suisses restent minoritaires

Avant d’atteindre ce statut, le TVSB s’est appuyé sur les organisateurs du plus charismatique des rendez-vous européens de la discipline, l’Ultra Trail du Mont-Blanc. Une course avec laquelle il est encore en partenariat. «A nos débuts, ils ont été pour nous une sorte de caution, notamment auprès des communes, se souvient Tiphaine Artur. Ils trouvaient qu’ils n’avaient pas assez de coureurs suisses et étaient donc ravis que quelqu’un puisse contribuer à populariser le trail dans le pays».

Aujourd’hui, la tendance est nette. En Suisse aussi, les trails se multiplient et sont pris d’assaut. Les Suisses se lancent néanmoins avec une certaine modération, à en croire les statistiques du TVSB. Sur le parcours de 29 km, il y en a 60%. Celui de 61km en comptera 45%, tandis que sur la course phare, l’X-Alpine, les Suisses ne seront que 28%.

Pour le TVSB, séduire plus de locaux n’est pas qu’une question de promotion du trail. C’est aussi un enjeu financier. 

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Départ Verbier

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