Rien n’a filtré du contenu du rapport de plus de mille pages, qui ne sera publié que dans quelques mois. Une source européenne à Genève a déclaré qu’aucun commentaire ne serait fait sur la substance du rapport, car le document est confidentiel.

Mais le constructeur aéronautique américain Boeing revendique la victoire dans ce dossier. La société a salué mardi dans un communiqué la décision de l’OMC sur les aides européennes à Airbus comme «une bonne nouvelle» pour l’aéronautique aux Etats-Unis. Boeing affirme que l’OMC valide la position américaine sur «tous les principaux sujets».

Boeing «publie ce communiqué à la suite d’informations de presse citant des responsables qui indiquent que les Etats-Unis ont eu gain de cause sur tous les principaux sujets dans la décision finale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC)», écrit l’avionneur américain.

L’organe de règlement des différends a été saisi du conflit entre les deux constructeurs aéronautiques en 2004.

Les experts devaient déterminer si les aides aux lancements de nouveaux appareils ou les subventions versées par quatre pays de l’UE (France, Espagne, Royaume-Uni et Allemagne) à Airbus sont contraires aux règles du commerce international, comme l’affirme la plainte des Etats-Unis.

Estimations irréalistes

Selon ces derniers, les aides reçues par Airbus lui ont permis de passer de 37% du marché en 2001 à 57% en 2006, soit un préjudice évalué à 205 milliards de dollars pour l’industrie américaine. Des estimations rejetées par Bruxelles comme totalement irréalistes.

Des milieux diplomatiques s’attendent à ce que les experts de l’OMC dénoncent certaines aides publiques, mais coupent la poire en deux entre les aides apportées à Airbus et Boeing.

L’UE a en effet porté plainte également contre les aides versées par Washington à Boeing. Chaque partie peut faire appel du jugement des experts, ce qui promet encore de longues discussions avant que les deux avionneurs se mettent, si nécessaire, en conformité avec les règles de l’OMC.