Qu’arrive-t-il à nos déchets, une fois que nous les avons triés? En six épisodes et autant d’objets du quotidien à recycler, Le Temps suit leur parcours, celui qui les mène tant bien que mal jusqu’à leur nouvelle vie.

Episodes précédents:

«Ça ne sert à rien de trier par couleur, ils mélangent tout.» Entendue à un écopoint du centre-ville de Genève, cette rengaine méritait vérification. Après un transport par camion puis par rail, son contenu a pour destination un immense hangar de la verrerie de Saint-Prex, la maison mère du fabricant d’emballages en verre Vetropack.

En observant les 15 000 tonnes de tessons et bouteilles entassées dans le hangar, plus que les couleurs, ce sont les déchets en tous genres qui interpellent. «A son arrivée à Saint-Prex, le verre usagé contient environ 10% de corps étrangers, dont 5% posent vraiment problème, souligne Marc Kuster, responsable de l’approvisionnement chez Vetropack. L’aluminium est un contaminant très dangereux parce qu’il fragilise le verre. Les tessons de céramique ont un point de fusion plus élevé que le verre et ne doivent pas non plus atteindre les fours. Quant au vitrage et aux ampoules, ils n’ont pas du tout la même composition chimique que le verre d’emballage.»