Le propriétaire d’Orange, France Télécom, a deux options: quitter la Suisse, comme il avait menacé de le faire en cas de blocage de la fusion. Ou alors investir massivement dans sa filiale helvétique pour améliorer d’un côté un réseau de téléphonie mobile de qualité très moyenne, et de l’autre devenir un acteur de premier plan en fibre optique. Apparemment insatisfait des opérations en Suisse, France Télécom ne se contentera certainement pas du statu quo.

Du côté de Sunrise, la situation est plus simple. Son propriétaire, le groupe danois TDC, laisse clairement sous-entendre que sa filiale suisse est à vendre. En effet, TDC ne considère Sunrise que comme une participation financière. Du côté des acquéreurs possibles pourrait se trouver Deutsche Telekom, qui serait à même d’injecter suffisamment de cash en Suisse pour préparer Sunrise aux prochaines évolutions technologiques. Cablecom est aussi un outsider très sérieux: ouvertement à la recherche d’un partenaire en téléphonie mobile, il pourrait, via sa maison-mère américaine Liberty Global, opter pour un rachat pur et simple de Sunrise.

A court terme, ces manœuvres à venir n’auront que peu d’incidences sur Swisscom, dont la direction doit observer ces opérations d’un œil amusé. Mais à moyen terme, la création de deux nouveaux opérateurs plus solides, construits sur les bases de Sunrise et Orange, et actifs tant en téléphonie mobile qu’en accès fixe à Internet et en télévision, pourrait dynamiser le marché suisse.