Banques et assurances suisses subissent depuis longtemps des tentatives de cybersquattage. Ainsi, creditswiss.net, banquecantonaledegeneve.org et zurich-banque.com ont récemment fait l'objet de litiges, qui se sont conclus par la victoire de Credit Suisse, de la BCGE et de Zurich. Pour les entreprises lésées, la première étape est de s'adresser au Centre d'arbitrage et de médiation de l'OMPI. La centaine de sociétés qui vendent les adresses en .com, .org et .net doivent lui obéir, si l'expert indépendant nommé par l'OMPI décide du transfert du nom de domaine.

«Nous avons reçu au total 5500 plaintes, dont le traitement prend deux mois en moyenne, explique Erik Wilbers, directeur adjoint du centre. Mais attention, nos experts ne peuvent se prononcer que lorsqu'une confusion existe autour d'une marque.» Dans le cas contraire, il semble peu probable que la CFB puisse utiliser l'OMPI pour exiger la fermeture de swisscreditbank.com. Par contre, dans le cas où le nom de domaine pourrait être considéré comme semblable au point de porter à confusion avec une marque dans laquelle il a des droits, Credit Suisse, ou toute autre banque dont le nom est similaire, pourrait éventuellement tenter sa chance.

«Comme alternative, les plaignants pourraient s'adresser à l'entité d'enregistrement qui a vendu l'adresse en .com qu'elle accepte de s'impliquer dans ce litige. Elles ne le font que dans des cas très limités, par exemple le cas de sites dont le contenu implique des actes criminels.» Dans le cas présent, l'entité d'enregistrement est la société chinoise 51.net. Autre possibilité, s'adresser à un tribunal chinois. «Ce genre de démarche est généralement coûteux, long et au résultat parfois imprévisible», prévient Erik Wilbers. Dernière solution, tenter un arrangement financier.