L'Inde importe près de 70% de sa consommation pétrolière, la Chine 30%. Ces chiffres augmenteront sans doute ces prochaines années. Les deux pays sont en pleine croissance et gourmands en énergie. En même temps, pour assurer une certaine sécurité, ils consacrent des millions dans des missions de prospection en vue d'acquisitions à l'étranger. Une concurrence qui ne va pas sans créer des tensions entre les deux voisins.

La rivalité sino-indienne n'est pas nouvelle. Les deux géants sont même venus aux armes en 1962. Il n'y a toujours pas eu de cessez-le-feu et les revendications territoriales de part et d'autre sont encore entières.

C'est sur cette toile de fond que le ministre indien du Pétrole, Mani Shankar Aiyar, se trouve actuellement à Pékin. Objectif: éviter une concurrence malsaine et onéreuse entre les deux pays dans leur recherche de pétrole. Cité par AFP, le ministre a souhaité que les deux pays fassent ensemble des offres d'achat à l'étranger pour ne pas payer des prix déraisonnables du fait de leur compétition.

En effet, les deux pays participent pleinement à la grande course mondiale aux sources pétrolières. Pas plus tard que ce mardi, la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), compagnie d'Etat, a pris une participation de 45% dans un champ pétrolier au Nigeria pour 2,27 milliards de dollars. Mais au départ, c'est l'indienne Oil & Natural Gas Corporation (ONGC) qui avait raflé la mise. Elle a dû se rétracter suite au refus de New Delhi de cautionner la transaction.

Depuis 2000, l'ONGC a investi 3,5 milliards de dollars dans l'exploration pétrolière à l'étranger: Algérie, Kazakhstan, Indonésie, Venezuela, Libye, Syrie. D'autres compagnies indiennes sont présentes au Sri Lanka, Yémen, Nigeria, Tchad, Angola, Cameroun et dans le Moyen-Orient. Mais les Chinois ont plusieurs longueurs d'avance sur leur voisin indien. Rien qu'en 2005, ils ont pris des participations aux quatre coins du monde: Singapour, Hongkong, Indonésie, Mongolie, Kazakhstan, Mauritanie et Equateur. Selon Asia Times, la China National Petroleum Corporation (CNPC) a investi près de 40 milliards de dollars dans de multiples acquisitions depuis 2000.

En réalité, une certaine coopération énergétique a déjà commencé. CNPC et ONGC travaillent main dans la main au Soudan. Par ailleurs, elles viennent de prendre une participation de 37% chez Furat Petroleum (Syrie) pour 573 millions de dollars.

Par contre, la rivalité s'est manifestée l'été dernier lorsque la CNPC a racheté le groupe canadien PetroKazakhstan, raté de peu par ONGC.