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Le ministre saoudien de l'Energie Khaled al-Faleh et son homologue russe Alexander Novak, deux hommes forts qui sont derrière le programme de réduction de la production du pétrole brut en vue de faire remonter les prix.
© Amer Hilabi/AFP Photo

Matières premières

Vers une hausse des prix de l'essence en Suisse

Une production réduite de brut décidée par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et les tensions géopolitiques poussent les prix vers le haut. En Suisse, le prix à la colonne dépend de nombreux facteurs

Les automobilistes suisses devront-ils débourser quelques centimes de plus pour faire le plein ces prochains jours? La question se pose du fait que le prix du pétrole brut a connu une fulgurante ascension durant le mois écoulé, passant de 69 dollars/baril le 23 mars à 73,55 dollars lundi. Selon l’association Union pétrolière, l’évolution des prix à la colonne dépendra certes de l’évolution des cours mondiaux, sachant que 80% du prix à la colonne est constitué des taxes fédérales fixes. Les prix finaux dépendent également des réserves chez les distributeurs et du coût de transport du brut ou des produits finis du port de Rotterdam vers la Suisse par le Rhin, qui varie selon le niveau de l’eau.

Bref, il est difficile de spéculer sur le prix au détail à ce stade. Soit. La certitude est que le sans-plomb 95, par exemple, coûtait 1,50 franc le litre en moyenne en avril 2017. Le mois dernier, il était à 1,54 franc. Une précision: le prix du brut, même s’il est haussier en 2018, est largement au-dessous des valeurs en vigueur en 2011-2014. Il dépassait alors les 100 dollars le baril.

Le pétrole de schiste revient

Comment expliquer la dynamique haussière de cette année? «C’est la décision de la Russie et de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), plus particulièrement de l’Arabie saoudite, de faire remonter les cours qui tournaient autour de 54 dollars/baril en 2017», explique Abdel Hamidouche, conseiller en investissement à la banque Mirabaud à Genève. Lorsque le prix a atteint les 60 dollars, les exploitants de pétrole de schiste aux Etats-Unis ont repris du service et inondé le marché, poussant le prix vers le bas.

Lire aussi: Le pétrole de schiste américain nous sauvera-t-il?

Par conséquent, ces derniers se sont entre-temps quelque peu retirés du marché dans l’attente de prix meilleurs. Selon l’analyste, avec un prix qui tourne désormais autour des 70 dollars par baril, les pétroliers de schiste pourraient refaire leur apparition et inonder le marché. Selon lui, les réserves de pétrole de schiste sont équivalentes à celles de l’or noir en Arabie saoudite, qui sont les plus grandes du monde. La hausse de ces derniers jours s’explique par les tensions politiques liées notamment aux frappes américaines, britanniques et françaises en Syrie et aux menaces de représailles russes.

Le tweet de Donald Trump

C’est un tweet du président américain qui a arrêté la dynamique vendredi: «Le prix du pétrole est artificiellement très élevé! Ce n’est pas bon et nous ne l’accepterons pas», a-t-il menacé. Le moment était bien choisi; quelques heures plus tard, l’OPEP se réunissait en Arabie saoudite pour faire un bilan de son programme de réduction de l’offre du brut sur le marché.

«L’Arabie saoudite et la Russie sont très dépendantes de la rente pétrolière, explique Abdel Hamidouche. Un prix proche de 70 dollars/baril leur permettrait d’équilibrer leur budget.» A l’avenir, selon lui, les tensions géopolitiques peuvent pousser les prix encore vers le haut.

Et encore: L’accord à l’OPEP va-t-il sonner la fin de l’essence bon marché?

Une des premières sources des tensions est l’Iran, troisième exportateur de brut après l’Arabie saoudite et la Russie, qui pourrait se voir imposer des sanctions américaines. Une décision est attendue le 12 mai. Le Venezuela pourrait aussi connaître une déstabilisation liée aux élections organisées le 20 mai par le régime contesté qui est au pouvoir. Selon Abdel Hamidouche, les Etats-Unis pourraient, dans ce cas, fermer les yeux du fait qu’ils sont l’un des principaux clients du brut vénézuélien. La Libye pourrait aussi connaître une rupture des exportations. Le général Haftar, qui contrôle les principales zones pétrolières, est malade, ce qui pourrait handicaper la production.

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