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Les actions financières ont connu une année 2017 en hausse. UBS et Credit Suisse n’ont pas échappé à cette tendance, avec des hausses respectives de 2,5% et 23,4%.
© GAETAN BALLY / Keystone

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Vers une nouvelle année de performance pour les banques?

Les actions financières ont connu une année 2017 en hausse. Il y a de bonnes chances que cela continue en 2018, selon un expert, notamment si l’économie reste solide et si les taux augmentent

L’année 2017 a plutôt été bonne pour les actions des banques. Avec une hausse de près de 11%, les titres des établissements européens ont fait mieux que la moyenne (+6,5% pour le DJ Stoxx des 50 plus grandes entreprises de la zone euro). Même les banques espagnoles, momentanément malmenées en bourse avec les élections catalanes, ont progressé.

La situation est semblable aux Etats-Unis, même si l’écart est moins grand. L’ETF qui réplique la performance des actions financières américaines (Financial Select Sector) a gagné un peu plus de 20% en 2017, contre 19,4% pour le S&P 500, l’indice des 500 plus importantes actions cotées à la bourse de New York.

UBS et Credit Suisse n’ont pas échappé à cette tendance, avec des hausses respectives de 2,5% et 23,4%. Les banques spécialisées dans la gestion de fortune, comme EFG International ou Julius Baer, ont même fait encore mieux que les deux poids lourds helvétiques.

Marché sur les chapeaux de roues

Le début de 2018 marque même une accélération de cette tendance haussière, les banques européennes montrant une hausse de près de 9%. Le secteur pourra-t-il tenir le rythme? Une augmentation de «15% en moyenne pour les actions bancaires, c’est possible», estime Loïc Bhend, analyste spécialisé dans ce secteur chez Bordier & Cie à Genève. «On peut imaginer des mêmes performances si les taux d’intérêt remontent et si la croissance économique se maintient, si ses bases sont saines et que l’inflation remonte progressivement. Si ces conditions sont réunies, les banques font partie des secteurs qui vont en bénéficier. Mais cela dépendra des marchés en général», précise-t-il. Ces derniers ont commencé 2018 sur les chapeaux de roues – engrangeant déjà 3000 milliards de dollars autour du monde – au point d’inquiéter certains.

Au WEF de Davos, plusieurs patrons de banque ont exprimé leurs craintes d’une complaisance des investisseurs. Directeur général de Barclays, Jes Staley a déclaré que l’environnement actuel haussier lui rappelait la veille de la dernière crise financière, il y a dix ans, et que la combinaison des actions à un niveau record et de la volatilité particulièrement basse n’était pas soutenable à long terme. L’éventualité d’une hausse des taux plus rapide que prévu de la part de la Réserve fédérale cette année pourrait faire dérailler ce mouvement.

Régulateurs «amicaux»

Dans une étude publiée en décembre, JPMorgan s’est déclarée positive pour les actions financières en général en 2018 et les grandes banques américaines en particulier. Ces dernières, malgré des révisions des bénéfices au quatrième trimestre, pourront profiter de la réforme fiscale, qui les verra être imposées à 2% au lieu de 35%. Elles pourront aussi tabler sur de nouveaux responsables au sein des autorités de surveillances ayant une «approche plus amicale», selon un rapport cité par CNBC.

La volatilité, si elle reste aussi faible, pourra d’ailleurs aussi poser problème aux banques, notamment d’investissement, qui en dépendent pour leurs activités de courtage. Celles qui ont déjà publié leurs résultats au quatrième trimestre ont publié des chiffres en baisse dans ce domaine.

Lire aussi: La réforme fiscale américaine coûte 2,9 milliards à UBS

Comme en 2017, «les banques sensibles à l’évolution des taux d’intérêt sont celles qui devraient le mieux performer cette année», estime Loïc Bhend. Les banques qui dépendent surtout des activités de crédits, et qui empruntent donc à court terme et prêtent à long terme, profitent lorsque les taux à long terme augmentent, ce qui devrait être le cas cette année, poursuit l’expert. Les banques italiennes sont particulièrement concernées. Loïc Bhend a une préférence pour Unicredit, qui, en plus de pouvoir profiter de ce facteur, a nettoyé son bilan de ses prêts douteux et est mieux capitalisée que ses concurrentes locales.

UBS plutôt que Credit Suisse

L’expert mise aussi sur ING, dont le «management a pu tirer son épingle du jeu et a réussi à passer des hausses de marges d’intérêt grâce à la qualité de la banque». Quant aux deux grandes banques suisses, l’analyste a une préférence pour UBS, comme l’an dernier. «Cela n’a pas été payant au deuxième semestre, mais l’action devrait rebondir, après l’annonce d’un programme de rachat d’actions. A Credit Suisse, en revanche, la progression a été nette, et les bonnes nouvelles sont certainement intégrées dans les cours. La progression du titre devrait ralentir et consolider sur ces bonnes bases à court ou moyen terme

Restent encore plusieurs points d’interrogation qui pourraient orienter le secteur vers une hausse plus ou moins marquée, ou l’inverse. A commencer par l’influence du Brexit, dont on ignore les contours, et des élections – notamment italiennes – qui pourraient remettre une dose d’incertitude sur les marchés.

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