*Bruno Estier Strategic Technicals. bruno.estier@sunrise.ch

En septembre dernier, nous avons commenté un graphique du marché américain des actions depuis 2000. Nous suggérions que le cycle de quatre ans était composé d’un marché cyclique haussier de mars 2009 à mai 2011 et d’un marché cyclique baissier de juin 2011 à mi-2012. Nous attendions un creux en octobre et le rebond vers 1099 points du S&P 500 jusqu’à 1285 points en un mois, suivi par un creux en «V» à 1158 points et une remontée après la fête de Thanksgiving vers 1260 points, permet d’envisager une cible théorique de hausse vers 1375 points d’ici au début de 2012.

La moitié du chemin est presque déjà parcourue. L’indice de vitesse situé sous le prix, dit stochastique, a rebondi de 15% à 60%, mais n’est pas encore dans la zone de sur-achat située entre 80% et 100%. La hausse peut donc se poursuivre assez facilement. Si on utilise des clôtures quotidiennes, un objectif se calcule vers 1342 points, alors que si les extrêmes de prix sont pris en compte on obtient une cible vers 1375 points. Nous avons donc une fenêtre entre 1345 points et 1375 points, qui est atteignable aussi longtemps que le niveau de volatilité mesuré par l’indice VIX, actuellement vers 27%, reste en dessous de 31%. En effet l’évolution de l’indice VIX, qui se situe au-dessus du graphique du S&P 500, montre bien que les pointes de VIX au-dessus de 31% correspondent à des creux du S&P 500 et que durant les phases pendant lesquelles la volatilité baisse, le S&P 500 a tendance à progresser. Finalement, le S&P 500 a presque atteint sa moyenne mobile de 200 jours à 1265 points. Il arrive souvent qu’une partie des participants du marché qui ont des opinions baissières change d’avis lorsque le S&P 500 repasse au-dessus de cette moyenne mobile de 200 jours. Donc la demande pourrait continuer bientôt à tirer le marché à la hausse au-dessus de 1265 points vers notre cible 1345-1375 points, qui se situe à des niveaux proches des plus hauts de mai 2011. Or cette zone pourrait jouer le rôle d’une résistance importante et provoquer un retournement du marché à la baisse.

En effet, nous nous retrouverions dans l’hypothèse du marché cyclique baissier de juin 2011 à mi-2012, composé de deux jambes de baisse, une en 2011 et une autre en 2012. Cette hypothèse serait renforcée par une particularité de la hausse actuelle depuis 1099 points.

Elle serait composée aussi de deux jambes de hausse égales – 1099 à 1285 points et 1158 à 1344 points. Nous sommes bien sûr dans un scénario théorique et plusieurs éléments seront nécessaires pour le confirmer. Tout d’abord, un renversement brutal de prix proche de la zone cible est nécessaire, idéalement en contraste avec un excès d’optimisme des participants de marché. Puis, la présence d’un ralentissement du nombre cumulatif de titres en hausse par rapport à ceux en baisse pourrait aussi avertir d’un risque d’un sommet majeur vers 1350-75 points. Il n’est pas certain par contre qu’en terme de vitesse, un ralentissement de la progression, qui est souvent annonciateur de retournement de tendance, apparaisse avec une divergence baissière sur l’indicateur stochastique quotidien. Enfin, une confirmation importante du retournement ne viendra qu’avec un recul du S&P 500 de 1350 points vers 1285 points.

Ensuite, il sera temps d’envisager différents scénarios de baisse à partir du point de retournement. Le plus souvent deux calculs classiques sont utilisés en analyse des mouvements de prix: un premier objectif baissier pour 2012 consiste en une réplique du premier mouvement de baisse qui eut lieu de mai 2011 à octobre 2011. Cela amènerait le S&P 500 dans la zone de 1100 points. Ce scénario est représenté par une flèche noire sur le graphique ci-dessus qui s’étire du premier trimestre 2012 jusqu’à la mi-2012. Un deuxième objectif baissier se calcule à partir d’une extension d’environ 160% de la baisse de mai 2011 à octobre 2011. Cela produirait une baisse beaucoup plus profonde vers 950 points aussi vers mi 2012, représentée par la flèche rouge.

Gardons en mémoire que l’élaboration d’un scénario n’a rien de déterministe, car c’est le marché qui décide des points de retournement de tendance. Mais un bon scénario validé étape par étape peut être une aide substantielle à l’analyse de marché à moyen terme. Nous aurons encore plusieurs occasions de vérifier si le marché des actions américaines se dirige bien mi-2012 vers un creux important du cycle de 4 et 10 ans.