Canada Goose ne vendra plus seulement des doudounes pour températures extrêmes. L’entreprise canadienne, dont les vestes font un tabac depuis quelques années, a annoncé jeudi vouloir vendre ses propres actions et faire son entrée à la bourse américaine et canadienne.

Une décision qui l’a obligée à révéler les chiffres de sa marche des affaires et qui donne une idée de la croissance du fabricant de vestes d’hiver qui valent à peu près leur pesant d’or (environ 1000 francs par veste). Fondée il y a 60 ans, l’entreprise a lancé son expansion hors du Canada il y a quelques années, en même temps qu’elle s’est mise à cibler les clients du secteur du luxe. Avec un certain succès: aux Etats-Unis, le spécialiste du froid extrême a vu ses ventes progresser de plus de 200% entre 2014 et 2016. Les ventes y atteignaient 103,4 millions de dollars l’an dernier, contre 95,2 millions au Canada et 92,2 millions dans le reste du monde.

Nom de code: «GOOS»

Cela n’empêche pas Canada Goose, dont le futur nom de code à la bourse devrait être «GOOS» d’imaginer une marge de progression encore importante aux Etats-Unis. Dans le dossier de la mise en bourse, les responsables du groupe citent une étude de marché qui a révélé que 76% des Canadiens connaissent cette marque, contre 16% des Américains. Seul obstacle potentiel à la croissance, les ressources potentiellement limitée de fourrure de coyote (pour les capuchons) et de plumes d’oie (pour le rembourrage).

L’expansion coïncide avec la vente, en 2013, de 70% de son capital au fonds d’investissement américain Bain Capital. Elle reste dirigée par la famille, en l’occurrence depuis 2001 par le petit-fils du fondateur. L’entreprise veut lever 300 millions et espère une valorisation de 2 milliards de dollars. Au moment de la vente en 2013, la valorisation était de 250 millions de dollars, selon des informations de Bloomberg.

Des vestes canadiennes d’origine polonaise

Si le succès de la marque est relativement récent, elle n’est elle-même pas nouvelle: la société a été fondée il y a 60 ans à Toronto. C’est un immigré polonais, Sam Tick, qui a lancé Metro Sportswear, pour fabriquer des vestes de laine, imperméables et combinaisons de motoneige. Mais à partir des années 1970, sous l’impulsion de son gendre, que l’entreprise se met à utiliser des machines de rembourrage de duvet pour lancer la marque Snow Goose, future Canada Goose. L’entreprise reste familiale, le petit-fils du fondateur ayant pris les rênes en 2001 et s’étant engagé, tout en accélérant la croissance de l’entreprise, à garder la production au Canada.

C’est pourtant seulement en 2016 que l’entreprise a ouvert ses deux premiers magasins, à Toronto et à New York. Par ailleurs, elle est vendue par 2500 fournisseurs différents dans 36 pays. Selon le formulaire de la SEC, le gendarme boursier américain, Credit Suisse fait partie des banques chargées de l’introduction en bourse.