ABB a créé la surprise jeudi en annonçant qu'il allait restructurer sa division Transformateurs. Un recul brutal de sa rentabilité est à l'origine du train d'économies. La marge opérationnelle a chuté à 4%, loin de l'objectif de 10% affiché en début d'année. L'objectif est de la rétablir à plus de 8% à l'horizon 2008.

Plusieurs des 57 usines de transformateurs réparties dans 28 pays seront fermées et 1300 emplois vont être supprimés, a déclaré Fred Kindle, directeur général, à l'occasion d'une conférence de presse téléphonique. Le plan touche uniquement des pays membres de l'Organisation de coopération et développement économiques (ODCE). Avant la fin 2005, deux unités baisseront définitivement le rideau en Australie et au Canada, a précisé un porte-parole.

A Genève, où ABB Sécheron emploie environ 230 personnes, le directeur général Jean-Luc Favre est catégorique: «Le site, en croissance, est bien positionné sur le matériel ferroviaire. Il n'est pas concerné par la restructuration.» L'unité de fabrication de composants pour transformateurs de Zurich devrait également être épargnée.

En avril, ABB avait indiqué que le renchérissement des matières premières, essentiellement l'acier électrique et le pétrole, empiétait sur sa marge dans la division Power Technologies dont font partie les Transformateurs. Ce facteur a de nouveau été évoqué jeudi aux côtés des «surcapacités» dans l'ensemble du secteur et d'un déséquilibre géographique. «Les lieux de production demeurent majoritairement dans les pays de l'OCDE, alors que les clients se trouvent de plus en plus en Asie», a expliqué Fred Kindle. Tandis que des usines sont abandonnées dans les pays de l'OCDE, d'autres continuent à ouvrir en Inde et en Chine.

Restructuration coûteuse

Le coût de la restructuration, 240 millions de dollars, doit être réparti sur quatre ans. Près de la moitié est imputable sur le seul second trimestre 2005. Cette charge exceptionnelle constitue la principale raison de la chute «significative» du bénéfice au second trimestre. Fred Kindle n'a pas écarté que le groupe publie une perte trimestrielle le 28 juillet prochain. «Ces éléments mis à part, les affaires vont plutôt bien», a-t-il ajouté. Sur l'ensemble de l'exercice et au niveau du groupe, la marge opérationnelle (EBIT) sera comprise entre 6,6% et 7,1% au lieu des 7,7% estimés auparavant par la direction. L'action ABB a reculé de 6,15% jeudi.