Industrie

Victorinox absorbe les activités de coutellerie de Wenger

Victorinox, qui avait racheté le fabricant jurassien de couteaux suisses Wenger il y a huit ans, veut désormais fusionner les deux marques. Le site delémontain est maintenu

Victorinox, qui avait racheté le fabricant jurassien de couteaux de poche Wenger il y a huit ans, veut désormais fusionner les deux marques. Le site de Delémont est maintenu pour la production des couteaux Victorinox et tous ses employés conservent leurs postes.

Le groupe de Suisse centrale avait repris au printemps 2005 Wenger, qui était alors confronté à de graves difficultés financières. Les deux marques avaient été maintenues et le coutelier jurassien continuait à opérer comme une entreprise indépendante.

Mais «nombreux sont les consommateurs qui ne font pratiquement pas la différence entre Victorinox et Wenger au niveau mondial, la concurrence devient de plus en plus grande. C’est pourquoi nous réunissons nos forces dans le domaine des couteaux suisses en nous concentrant sur la marque Victorinox», a expliqué mercredi dans un communiqué le patron de cette dernière, Carl Elsener.

Une image plus claire

L’intégration vise ainsi à remédier aux redondances de produits et à se positionner clairement face à la clientèle. «Nous regrettons évidemment de voir les couteaux Wenger disparaître à terme», commente de son côté le patron de Wenger, Peter Hug, qui ajoute toutefois que ce regroupement des forces doit permettre au groupe de croître dans un marché international très compétitif.

Seule une sélection de la gamme de couteaux Wenger sera insérée dans la collection Victorinox. En revanche, les montres et produits de licence seront toujours commercialisées sous la même marque.

Wenger, fleuron de l’industrie jurassienne, était largement dans les chiffres rouges au terme de 2004 et ses réserves financières étaient épuisées. Ses ventes avaient chuté de plus d’un tiers en quatre ans.

Son rachat par Victorinox apparaissait donc comme un sauvetage, d’autant qu’il s’accompagnait de la garantie de maintenir le site de Delémont et ses 150 emplois, en tant qu’entité indépendante.

Diversification

Wenger a continué à élargir sa stratégie afin de pérenniser son activité, ce qui lui permettait aussi de se différencier de son repreneur schwyzois, numéro un suisse du couteau. La marque jurassienne fabriquait déjà des montres depuis 1989.

Et depuis les années 2000, elle vendait aux Etats-Unis une gamme de produits pour les activités de plein air. A partir de 2009, elle a proposé également en Europe de tels articles, qui vont des sacs à dos aux tentes, en passant par les lunettes de sport.

Les deux marques sont caractérisées par l’écusson rouge à croix blanche, selon un logo légèrement différent. Leurs fabricants sont largement plus que centenaires: Victorinox a été fondé en 1884 et Wenger en 1893.

Ils sont fournisseurs exclusifs de l’armée suisse pour les couteaux de poche. L’histoire remonte à la fin du XIXe siècle, lorsque fut introduit un nouveau fusil et qu’un tournevis s’avérait nécessaire pour le démonter: il fut décidé de créer un outil multifonctions avec lame, tournevis, alêne et ouvre-boîtes. Les deux coutelleries sont aussi réputées pour les outils professionnels pour cuisiniers.

Au niveau de l’emploi, Wenger compte 248 collaborateurs dont 193 à Delémont. Il produit 2,2 millions de couteaux par année, contre 25 millions pour Victorinox. Les effectifs de ce dernier, basé à Ibach, atteignent plus de 1800 personnes au total.

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