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La vidéo promotionnelle s’invite au cœur de la stratégie des PME

La société genevoise Point Prod lance un site à la carte, baptisé Filmdentreprises.com. Elle veut démocratiser la vidéo de qualité pour les petites sociétés. Le prix d’un film démarre à 5000 francs. Ses concurrents prônent une occupation sur le long terme de l’espace vidéo, en proposant par exemple des petites séries

La vidéo est devenue une réalité pour les entreprises – que ce soit pour promouvoir leur image ou leur produit. «Le tournant est plus qu’amorcé, estime Thierry Weber, de la société éponyme lausannoise, spécialisée dans la production de films. En arrivant sur un site internet, neuf internautes sur dix cliquent sur la vidéo s’il y en a une. C’est donc crucial.»

En revanche, la qualité laisse parfois à désirer. «Si vous surfez sur Internet, vous verrez vraiment des choses horribles, comme des cuisinistes qui présentent leur dernière création en ouvrant chaque tiroir…», note Isabelle Pasini, productrice chez Filmdentreprises.com. Cette nouvelle plateforme de la société genevoise Point Prod destinée aux PME est en ligne depuis trois semaines.

«Avec cet outil, nous proposons aux entrepreneurs de prendre leur projet en main. Ils peuvent choisir le style de film (service, visite, produit ou mode d’emploi), la musique, la voix off, l’animation, etc. Le site calcule et affiche le devis en permanence. Nous sommes transparents», explique la porteuse du projet. Côté prix, il faut donc compter entre 5000 et 10 000 francs en fonction des options choisies. Soit loin des centaines de milliers de francs que peuvent débourser certaines marques de luxe ou banque privées de la place. «Pour les PME, cela peut paraître cher mais c’est le prix que coûte un film de grande qualité, notre créneau.» Filmdentreprises.com a pour objectif initial la réalisation de trois films par mois. «Mais ce chiffre va rapidement grimper, estime Isabelle Pasini. Les vidéos sont partout: dans les bus, les salles d’attente, etc.»

Présent sur ce créneau depuis plusieurs années, Thierry Weber reconnaît «l’énorme savoir-faire» de Point Prod, qui produit notamment des émissions pour la RTS: «Ils sont vraiment doués et pourtant, ils ont tout faux, car ils n’ont pas la couleur web. Par exemple, à l’annonce du lancement de leur plateforme j’ai posté un commentaire pour contester le fait qu’ils étaient les premiers à proposer un outil de vidéo à la carte, mais ils n’ont pas répondu. Sur le web, vous ne pouvez pas faire cela, il faut dialoguer.» «Nous avons répondu mais pas immédiatement», répond Isabelle Pasini, qui rappelle que l’objectif de «sa» plateforme n’est pas de diffuser du contenu le plus rapidement possible sur le Web, mais de produire des films de niveau professionnel pour les PME.

Pour Thierry Weber, le train est en marche et peu à peu, les budgets marketing vont se déplacer des supports traditionnels (affichage, presse) vers le Web et la vidéo. «Ce qui change aujourd’hui, c’est que les entreprises comprennent qu’elles doivent occuper le terrain sur le long terme, sur plusieurs mois, voire une année et bâtir une campagne vidéo en ce sens.» Aussi parfait soit-il, le «one-shot» ne suffit plus. «C’est en constituant régulièrement du contenu que vous créez la visibilité. Une entreprise peut faire des choses très intéressantes en s’appuyant sur ses collaborateurs ou en en utilisant le storytelling», estime le spécialiste.

Raconter une histoire pour susciter l’intérêt, c’est le positionnement de Romain Graf et Pierre-Adrian Irlé, qui ont lancé l’agence genevoise Graf + Irlé il y a une année. «Avec Internet, l’audience est devenue active, il faut que le contenu soit désiré. Et pour cela, il faut travailler les histoires et les personnages», explique le premier. «La vidéo doit divertir le public, que celui-ci ait ensuite envie de la partager sur Internet. Elle doit également s’inscrire dans un plan médias plus global», complète le second.

Avec pour porte-drapeau la campagne réalisée pour Caritas, les deux jeunes entrepreneurs veulent appliquer les recettes du cinéma à la publicité en se montrant créatifs. «Nous ne sommes plus dans une logique de répétition (le spot TV qui passe quelques fois), mais dans une approche en série, qui peut s’étendre sur plusieurs mois», détaillent-ils.

Pour les cuisinistes, il «suffit» donc d’imaginer une histoire qui se déroule dans la cuisine, centrée sur des personnages, qui peut se décliner en plusieurs épisodes…

«Pour que le contenu soit désiré, il faut travailler les histoires et les personnages»

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