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Lezzgo et Fairtiq sont deux projets-pilotes avec lesquels le trajet n'a plus besoin d'être spécifié à l'avance.
© CHRISTIAN BEUTLER/KEYSTONE

Innovation

La vignette autoroutière et les billets de train changent d’époque

La vignette autocollante aura bientôt vécu. Elle deviendra électronique. Quant aux déplacements en transports publics, ils seront identifiés par un smartphone. La mobilité entre en révolution numérique

La vignette autocollante disparaîtra des pare-brise dans quelques années et le jour viendra où les billets de train seront tous enregistrés sur un smartphone. La révolution numérique a atteint la tarification de la mobilité. Pour le moment, cela ne devrait pas avoir d’incidence sur les prix eux-mêmes. Celui de la vignette restera uniforme et ceux des parcours effectués en transports publics formellement aussi, à l’exception de billets dégriffés et de réductions ciblées sur les heures creuses.

Lire aussi: Le Conseil fédéral veut réformer la tarification des transports

Techniquement, il sera certes possible de lier les tarifs aux kilomètres parcourus. Sur le plan politique, cette volonté n’existe toutefois pas pour l’instant. C’est en tout cas la conviction de Jeannine Pilloud, présidente de l’association faîtière ch-direct, qui pilote la transformation numérique pour l’ensemble de la branche des transports publics.

L'interview de Jeannine Pilloud: «Nous voulons simplifier la billetterie»

La vignette autoroutière va devenir électronique. Le Conseil fédéral a mis un avant-projet en consultation en 2017 et les prises de position ont été analysées par l’Administration fédérale des douanes (AFD). Un modèle concret sera transmis au parlement avant l’été, annonce David Marquis, porte-parole de l’AFD. Selon l’avant-projet, la redevance autoroutière sera prélevée par identification vidéo des plaques minéralogiques des véhicules au moment de leur entrée sur un tronçon routier national soumis à la taxe.

Pas de vignette saisonnière

Le montant restera fixé à 40 francs. Le peuple a refusé en novembre 2013 de le hisser à 100 francs. Le Conseil fédéral s’en tient donc au prix actuel. L’Office fédéral des routes (Ofrou) estime par ailleurs que ce verdict négatif empêche de proposer des vignettes temporaires à prix réduit comme cela se fait par exemple en Autriche. Les clubs automobiles étrangers sont intervenus pour que la Suisse fasse ce geste pour les touristes de passage. Mais rien ne bougera pour l’instant, dit-on à l’Ofrou.

Il s’agit d’éviter de recourir à des technologies qui seraient obsolètes dans un proche avenir

David Marquis, porte-parole de l’Administration fédérale des douanes

En principe, l’introduction du sésame informatique est prévue pour 2023 et doit être coordonnée avec la digitalisation de l’AFD, l’un des plus gros chantiers numériques de la Confédération. Mais rien n’est encore définitif, car le choix du système d’identification ne l’est pas non plus. Or, cela jouera un rôle central. «Il s’agit d’éviter de recourir à des technologies qui seraient obsolètes dans un proche avenir», précise David Marquis. «En raison des développements très rapides dans ce domaine, ce choix peut avoir une incidence sur la date de mise en vigueur de la vignette électronique», ajoute-t-il.

Lire aussi: Avez-vous quelque chose à e-déclarer?

Comme l’expliquait le Conseil fédéral dans le rapport mis en consultation, la technique vidéo a été privilégiée, mais d’autres formes d’enregistrement pourraient s’appliquer au contrôle des véhicules privés. A l’étude dans le secteur des transports publics, ces modèles se nomment CICO (pour check in/check out), CIACO (check in/assisted check out) ou BIBO (be in/be out). Ils permettent d’identifier le passage d’une carte à puce, d’une carte magnétique ou d’une application smartphone devant une borne, un portique ou via une application.

Lezzgo ou Fairtiq?

Pour l’instant, le sésame des transports publics est le SwissPass. En service depuis 2015, cette carte de couleur rouge est scannée par le contrôleur, qui vérifie le type d’abonnement (général, demi-tarif, parcours, communautaire) et sa validité. Il est combinable avec d’autres prestations. Mais la branche est déjà passée à l’étape suivante. Deux projets-pilotes de billetterie par smartphone ont été lancés. Mis au point par la compagnie BLS en collaboration avec les CFF et CarPostal, le premier se nomme Lezzgo. Depuis le 10 janvier, l’application, qui existe en versions iOS et Android, peut être utilisée dans tout le pays. Elle évite aux passagers d’acheter un billet à l’avance. Ils enregistrent sur leur téléphone portable les lieux de départ et d’arrivée de leurs déplacements selon le principe CICO. Le parcours leur est facturé au meilleur tarif et il se règle a posteriori, par facture.

Le problème le plus délicat reste la protection des données. La branche a déjà dû enclencher la marche arrière avec le SwissPass

Simultanément, plusieurs entreprises de transports publics régionaux se sont associées autour d’un système assez semblable nommé Fairtiq, également disponible pour l’Apple Watch. Sur son application, l’usager presse sur «start» au début de son voyage et «stop» lorsqu’il est arrivé à destination. Grâce à la géolocalisation, l’application réagit si elle s’aperçoit qu’il ne se trouve plus sur le parcours mais a oublié d’en indiquer la fin. C’est le système CIACO. La facturation se fait aussi au meilleur prix. Une douzaine de communautés tarifaires en sont partenaires, dont, en Suisse occidentale, Frimobil (Fribourg), Libero (Berne et Bienne) et Onde Verte (Neuchâtel). Une extension à l’ensemble du territoire est annoncée dans le courant de l’année.

Lire également: La billetterie se met à l’heure numérique

Le souci de la protection des données

Chaque système espère s’imposer sur le marché. Leur coexistence n’est pas un problème aux yeux de Jeannine Pilloud, car elle permet d’accumuler les expériences. La numérisation de la tarification des transports publics pourrait cependant poser problème dans un canton comme Genève, où les citoyens peuvent contester les hausses de tarifs par référendum, estiment plusieurs experts. Un autre écueil à franchir sera l’arrivée des lignes de bus privées. «Si les compagnies qui veulent offrir ce service obtiennent une concession, ils feront partie du réseau de transports publics et devront être intégrés au système digitalisé», affirme Jeannine Pilloud.

Le problème le plus délicat reste la protection des données. La branche a déjà dû enclencher la marche arrière avec le SwissPass. Le sujet est sensible, la prudence est de mise. C’est aussi valable pour l’AFD, qui ne pourra pas conserver, utiliser ou transmettre librement les informations fournies par les appareils de détection de la vignette électronique.

Lire à ce sujet: Les CFF envisagent un SwissPass anonymisé pour préserver les données des voyageurs


 

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