Viktor Vekselberg lance une offre publique d’achat sur Sulzer

Industrie Renova a franchi la barre des 33,3% du capital du zurichois

L’heure est aux spéculations sur l’avenir de Sulzer. Le groupe Renova, appartenant à Viktor Vekselberg, a annoncé lundi lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le reste des actions du groupe zurichois spécialisé dans l’industrie des machines (pompage, processus chimiques).

L’opération est rendue nécessaire après que ses participations, détenues à travers Liwet Holding, Lamesa Holding et JSC Metkombank, ont franchi le seuil des 33,3% au-delà duquel une offre sur le reste des actions est obligatoire. Il détient non plus 33,19% mais 33,36% du capital d’une société avec laquelle il perd de l’argent. Son prix d’achat moyen serait de 180 francs, selon un analyste. Le cours était de 99,20 francs vendredi, soit proche du plus bas des cinq dernières années (88 francs en janvier), et très éloigné du plus haut de 171 francs de mai 2013.

Renova ne veut pas la majorité

Le prix offert par Renova correspond au minimum légal, le cours de clôture de vendredi. Aucune prime n’est offerte aux actionnaires minoritaires. En offrant des conditions peu attractives, l’objectif est, comme l’indique le communiqué de Renova, de maintenir le statu quo en termes de structures du capital et de garder les actions Sulzer en bourse. En clair, Renova ne veut pas la majorité et en lançant une offre près du plus bas, il renforce ses chances que les actionnaires n’apportent pas leurs actions. Les analystes recommandent d’ailleurs aux investisseurs de ne pas accepter l’offre.

Probables rachats d’actions

L’action a réagi favorablement lundi et gagné 5% pour passer la barre des 104 francs.

En bourse, on spécule sur un possible rachat d’actions. Il est vrai que Sulzer regorge de liquidités. Celles-ci atteignent 578 millions de francs à la fin juin. Un analyste de J. Safra Sarasin explique que le prix offert «ne tient compte ni du potentiel à long terme ni des récentes mesures d’économies».

Les propriétés suisses du milliardaire russe Viktor Vekselberg, tant Sulzer qu’Oerlikon et ­Schmolz + Bickenbach, sont à la peine et reculent sensiblement en bourse cette année. L’investisseur détient 33,3% de Sulzer, qui ne vaut plus que 3,4 milliards de francs, 43,7% d’Oerlikon, qui vaut 4 milliards et, à travers une convention d’actionnaires, 40,7% de ­Schmolz + Bickenbach, qui vaut 770 millions de francs.

Les résultats semestriels, présentés fin juillet, ont été très inférieurs aux attentes. Le bénéfice d’exploitation de ce groupe de 15 159 collaborateurs (–335 en un an) a baissé de 55%. Mais si les affaires de Sulzer, notamment la division des pompes, souffrent de leur dépendance à l’égard de l’industrie du pétrole et du gaz, les investisseurs espèrent un retournement sous l’effet des mesures de restructuration. La marge d’exploitation, après des années d’effritement, devrait repartir à la hausse et s’accroître de 4 à 6 points d’ici à 2018 par rapport aux 9,4% de 2014.

La moitié des ventes de Sulzer provient de clients du secteur pétrolier. Sulzer est toutefois davantage axé sur le raffinage que sur la production.