«Depuis que nous avons établi le siège de Renova Management en Suisse en 2004, j'ai rencontré d'excellents entrepreneurs suisses. Je suis prêt à les aider à développer leurs affaires en Russie», souligne Viktor Vekselberg, patron milliardaire du groupe Renova. Ces propos ont été tenus lors d'une interview exclusive accordée jeudi au Temps, en marge de la dixième édition du Swiss Economic Forum à Thoune (BE).

L'homme d'affaires russe, 61e fortune mondiale en 2007 selon Forbes, à la tête de 10,4 milliards de dollars, est actionnaire principal des groupes industriels OC Oerlikon et Sulzer.

Jusqu'à présent, celui qui a commencé à bâtir sa fortune en récupérant des fils de cuivre n'a fait que de très rares apparitions publiques en Suisse. Il ne s'exprime que très peu dans les médias. Alors, dans la salle de conférences, financiers, entrepreneurs et politiciens s'étaient massés pour l'écouter. Une heure avant, l'homme d'affaires russe de 51 ans atterrissait avec son jet privé à l'aéroport de Belp (BE).

Conseiller économique du président sud-africain Thabo Mbeki, Viktor Vekselberg commence son discours en allemand, avant de passer rapidement à la langue de Dostoïevski. «Je suis très heureux d'être ici. Avec la création de Renova en 1990, je suis parti de zéro. Nous avons commencé à vendre des logiciels. Aujourd'hui, notre groupe a plus de 20 milliards de dollars d'actifs», souligne le milliardaire russe, oscillant entre fierté et humilité. La recette de celui qui a acquis la plus grande collection d'œufs Fabergé, fondé une coentreprise avec le géant BP, semble être simple: la confiance, les relations humaines. «Les affaires sont menées par des hommes. Le succès ne peut que résulter d'alliances, de partenariats (ndlr: par exemple avec Glencore). Beaucoup de projets de Renova se fondent sur ses valeurs», estime le docteur en mathématiques, actionnaire de Rusal, deuxième producteur mondial d'aluminium.

Durant son discours, il se fait aussi le porte-parole de la Russie. Le pays a surmonté les crises, les guerres. Il est désormais plus propice aux investissements étrangers. «Il existe aussi des particularités russes, comme la rapidité et un brin de folie, dont le monde des affaires suisses doit être conscient», plaisante celui qui évoque avec nostalgie la simplicité des Fêtes de fin d'année de son enfance, rares occasions de goûter aux bananes et oranges.

De l'avenir concret de Sulzer et d'OC Oerlikon, de ses investissements futurs en Suisse, Viktor Vekselberg n'a pipé mot. Sauf peut-être discrètement avec le président de la Confédération Pascal Couchepin. Ce dernier brûlait d'impatience de le rencontrer. Il a pu échanger quelques mots durant une dizaine de minutes.

Après une courte visite de deux heures en Suisse, Viktor Vekselberg reprenait son avion pour Moscou.