Pour la première fois depuis trois ans, les prix de l'immobilier ont baissé dans le canton de Zurich, de 1,4% au troisième trimestre selon la Banque Cantonale de Zurich (BCZ). Signe des temps, ils reculent particulièrement sur la Côte dorée où vivent des vedettes du hit-parade musical comme Tina Turner ou politique comme Christoph Blocher.

«Les villas sont assez difficiles à vendre, déclare l'agent immobilier Martin Gewe à l'agence Bloomberg. Les banques prennent plus de temps pour examiner les dossiers, elles ne demandent plus seulement ce que font les acquéreurs, mais qui les emploie et quelle sécurité offre leur travail.» Lui-même a dû offrir un rabais de 10%, une tondeuse à gazon et un système d'arrosage automatique à un client qui faisait grise mine face au prix de 750 000 francs demandé pour une maison.

Le climat économique de la métropole alémanique a manifestement pâti des difficultés rencontrées par plusieurs très grandes entreprises de la région: débâcle Swissair, difficultés des assurances et de Credit Suisse, problèmes d'ABB dont le patron Jürgen Dormann n'excluait pas, jeudi, un déménagement du siège à Baden. L'économie locale pourrait se contracter de 0,2% cette année, prédit l'OCDE. Le taux de chômage a doublé, accusant le contrecoup d'une forte dépendance du secteur financier.

«De grandes propriétés sur la Côte dorée réapparaissent régulièrement dans les journaux, alors qu'il y a deux ans, une seule annonce aurait suffi», note Roger Nef, directeur de Privera, une compagnie dépendant de Zschokke SA. Les banques exigent plus fermement que les acheteurs apportent 20% de fonds propres. Selon les spécialistes, les bas taux d'intérêt – ramenés à 3,5% cette semaine – empêchent toutefois une chute brutale des prix. Les actions des sociétés immobilières ont mieux résisté que l'indice du marché suisse, qui a perdu 20% cette année. PSP Swiss Property AG, la plus importante, n'a concédé que 2,5% et Swiss Prime Site, le numéro deux, 5,1%. «Comparé à d'autres, le marché immobilier suisse a sous-performé ces dernières années. Les prix ne devraient donc pas trop chuter», estime Marco Salvi, de la BCZ.