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Les villes où il fait bon être entrepreneuse

L’index WE Cities classe les métropoles aidant le plus les créatrices de sociétés à fort potentiel

Voilà plusieurs années que les femmes entrepreneuses dénoncent le sexisme dont elles sont victimes, surtout dans l’accès au capital. Aux Etats-Unis, 3% seulement du capital-risque va à des entreprises créées par des femmes. Leur voix s’est faite plus forte cet été.

Plusieurs créatrices de start-up de la Silicon Valley ont témoigné sur les réseaux sociaux des avances insistantes, voire des menaces, qu’elles avaient subies de la part d’investisseurs. Depuis, l’un d’entre eux a reconnu les faits et a démissionné. Mais partout dans le monde, elles peinent à lever des fonds ou à recruter. Elles sont souvent considérées comme un «deuxième choix».

Le Women Entrepreneur Cities Index 2017 (WE Cities), que la société américaine Dell a publié cet été, va les intéresser. Celui-ci classe cinquante villes dans le monde selon l’aide qu’elles apportent aux créatrices d’entreprises à fort potentiel, c’est-à-dire celles qui ambitionnent de dépasser le million de dollars (environ 950 00 francs) de chiffre d’affaires annuel.

New York en figure de proue

Un premier index, publié en 2016, classait vingt-cinq villes. Il a servi de pilote à l’index 2017, qui devrait être actualisé chaque année. Les villes ont reçu une note sur 100, calculée à partir de cinq critères regroupés en deux environnements. L’environnement opérationnel couvre les critères des capitaux, des marchés et des talents; l’environnement propice couvre ceux de la culture et des nouvelles technologies.

En tout, 72 indicateurs, dont 45 liés au genre, ont été pondérés pour fournir les scores globaux. Parmi ces indicateurs: le pourcentage de femmes dans les conseils d’administration, les conditions de création d’une entreprise, le nombre de fonds d’investissement…

Les villes les plus favorables aux entrepreneuses aujourd’hui sont New York, la baie de San Francisco (San Francisco et San José), Londres, Boston et Stockholm. New York et la baie de San Francisco se classent premières ou deuxièmes pour les marchés, la culture et le capital. Dans l’édition 2016, Paris était classée neuvième. Aucune ville suisse n’est intégrée dans l’index.

Potentiel d’amélioration

L’ajout de nouvelles villes en 2017 fait reculer la capitale française à la 12e position, derrière Sydney et devant Chicago. Paris obtient une note de 45,4 sur 100. «Le score de New York, qui occupe la première place, n’est que de 62,9 sur 100, preuve qu’il y a des marges d’amélioration pour toutes les villes!» précise Elizabeth Gore, entrepreneuse en résidence chez Dell.

L’entreprise qualifie la capitale française de «ville à surveiller», car elle se place deuxième du classement global pour la catégorie «talents» et première pour l’accès à du personnel qualifié.

Que manque-t-il à Paris pour progresser dans le classement? «Quelques réformes et surtout une culture de l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge», suggère Stéphanie Cardot, fondatrice et présidente-directrice générale de To Do Today, un service de conciergerie d’entreprise. Installée aux Etats-Unis depuis deux ans pour développer sa société, elle a eu l’occasion de mesurer combien l’esprit d’entreprise y est omniprésent, même chez les très jeunes.

«Ici, des jeunes filles comme Isabella Rose Taylor, qui, à 14 ans, dessine des vêtements et les vend dans les grands magasins Nordstrom, n’étonnent personne. Cela n’existe pas en France! L’entrepreneuriat est une question de mentalité.» Le label French Tech a créé une dynamique nouvelle et changé l’idée que l’on se fait des entrepreneurs, «mais il reste des points faibles, notamment l’accès au capital pour les femmes créatrices d’entreprises», souligne Elizabeth Gore.

Identifier les aides à apporter

Dell multiplie les initiatives pour améliorer l’accès des femmes aux capitaux et aux technologies afin de les aider à créer et à développer leur entreprise: fonds d’investissement spécial, création du Dell Women’s Entrepreneur Network (DWEN), incubateur…

«Des obstacles financiers, culturels et politiques freinent le succès des entreprises créées par des femmes. L’objectif de WE Cities est de fournir aux pouvoirs publics et aux législateurs les données nécessaires au diagnostic et à l’identification des améliorations à apporter pour aider les femmes à faire prospérer leurs entreprises et, de fait, l’économie de leur ville», affirme Karen Quintos, chef de l’expérience client chez Dell.

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