Vincent Ducrot prend ses fonctions dans un contexte «relativement compliqué», avoue-t-il mercredi dans le cadre d’une vidéoconférence de presse. L’offre des CFF a été réduite de 25%, la demande a chuté de 80 à 90%, de nombreux trains sont à l’arrêt: on a vu mieux pour commencer un nouveau job tel que le sien. Mais le nouveau directeur général des CFF et ex-patron des Transports publics fribourgeois (TPF) ne tombe pas de nulle part: il suit la situation des CFF depuis le mois de janvier. «J’ai déjà rencontré plus d’une centaine de cadres et je travaillais en duo avec Andreas Meyer depuis une semaine», confie-t-il. «J’avais prévu de m’accorder un mois pour découvrir l’entreprise, ce n’est évidemment pas possible», relève celui qui a quitté les CFF en 2011 après y avoir travaillé pendant dix-huit ans.

Outre gérer la situation actuelle, qui nécessite de rassurer le personnel et d’assurer la sécurité sanitaire des clients, sa première mission consistera à faire redémarrer la machine une fois que la crise sera terminée. Cela se fera «en deux ou trois étapes», pronostique-t-il. Une première phase de planification durera environ quinze jours, puis le rétablissement de l’horaire se fera progressivement en collaboration avec les autorités politiques. «Nous ne pouvons pas revenir à la normale en un seul coup», prévient-il. «Nous attendons de connaître les règles du jeu du redémarrage de l’économie», ajoute-t-il.

Prioriser les chantiers

Durant la crise, l’un des principaux enjeux est d’obtenir les pièces de rechange nécessaires à la maintenance des voitures. Un autre consiste à assurer l’entretien de celles-ci en respectant les règles de distance sanitaire dans les ateliers. Lors de la phase post-confinement, il faudra sans doute absorber une forte hausse de la demande, notamment pour le trafic de loisirs. «Les gens auront de nouveau envie de sortir», prévoit-il. «Il faudra aussi gérer la reprise des chantiers. La priorité sera accordée à ceux qui sont nécessaires pour l’entretien du réseau. Et il ne faudra pas céder à la tentation de vouloir tout rattraper à tout prix, sinon on risque de revivre la situation de l’automne 2019», poursuit-il. Or l’amélioration de la ponctualité est clairement l’une de ses priorités.

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Vincent Ducrot juge prématuré d’évaluer les pertes financières pour la compagnie. Il relève cependant que 150 000 des 500 000 abonnements généraux ont été déposés temporairement et qu’une négociation est en cours pour des compensations. Or, souligne-t-il, les AG rapportent à eux seuls 1 milliard de recettes par année.