En vingt ans, Genilem a aidé à lancer 341 start-up

Coaching L’entité célèbre ses deux décennies de soutien à l’économie romande

Numéro un dans l’aide à la création d’entreprise, elle a contribué à générer plus de 3000 emplois directs depuis 1995

La passion, un goût pour l’inconnu, la prise de risque, l’adrénaline, voire le masochisme. Mais surtout, la foi en soi, après s’être embarqué pour une aventure professionnelle en forme de montagnes russes. Voilà, en vrac, les éléments de parcours évoqués jeudi par les entrepreneurs qui ont fait appel à Genilem (Génération Innovation Lémanique). L’association à but non lucratif souffle cette année ses 20 bougies. Fondée en 1995, elle vise à encourager les jeunes pousses au moment de leur lancement. Notamment en compensant par son soutien leur manque d’expérience dans les domaines administratif et financier.

Genilem est aujourd’hui devenue un acteur incontournable en matière de création d’entreprises. Sa genèse? Le dispositif est né du constat que plus de la moitié des start-up en Suisse – 41 500 ont été créées en 2014 – disparaissent dans leurs trois premières années d’existence. Les cofondateurs de cette structure, l’ancien banquier privé et ex-député libéral genevois Armand Lombard et l’actuelle présidente du groupe Hôtels et Patrimoine Anne Southam-Aulas, ont voulu infléchir cette tendance. Pour ce faire, ils se sont inspirés du concept lyonnais Novacité.

Bilan, après vingt ans: sur les 341 entités, actives dans 25 secteurs différents (distribution, commerce, agroalimentaire, informatique, santé, tourisme, informatique, industrie, etc.), soutenues par Genilem en Suisse, 73% sont toujours actives. Le taux grimpe à 76% pour les cantons de Vaud et de Genève, là ou l’association est la plus présente, contribuant au passage à la création de plus de 3000 emplois directs.

En ce moment, Genilem accompagne 47 sociétés en devenir. Et dispose du soutien financier et matériel de 61 parrains, soit des multinationales comme Procter & Gamble (ses employés se portent d’ailleurs souvent candidats au cursus Genilem), d’alumni (ex-bénéficiaires de l’association) et des collectivités publiques. Pour offrir ses prestations et payer ses neuf employés, dont cinq coaches (des ex-entrepreneurs) âgés en moyenne de 35 ans, Genilem dispose d’un budget annuel avoisinant le million de francs, selon la clé de répartition suivante: 30% des activités sont financées par l’Etat et les communes, 49% par le secteur privé et 21% par les formations qu’elle dispense (540 fr. pour deux jours) et autres mandats.

Le programme d’accompagnement pour chaque jeune pousse, préalablement triée sur le volet, est estimé à 85 000 fr. sur trois ans. En plus du coaching, Genilem leur offre une certaine visibilité médiatique, leur ouvre son réseau et assure l’évolution des profils d’entrepreneurs à travers de la formation et du mentorat. «C’est un antidote à la solitude entrepreneuriale», résume Barbara Lax, des crèches LittLe Green House.

Pour David Genecand, à la tête des aliments énergétiques Almondgy, Genilem est particulièrement utile pour montrer la voie à suivre sur les chemins escarpés de l’entrepreneuriat. Mais au bout du compte, «c’est nous qui devons marcher et porter notre sac à dos jusqu’en haut de la montagne», conclut-il.

L’association affiche 73% de taux de survie des jeunes pousses accompagnées en Suisse depuis deux décennies