Jean-Claude Juncker est sorti de son silence mardi matin. Le président de la Commission était très attendu après le rejet massif des Grecs dimanche du projet d’accord de leurs créanciers (Fonds monétaire international, Banque centrale européenne et Commission). Il s’était jeté dans l’arène politique grecque et avait exhorté ouvertement les Grecs à voter contre le gouvernement. Depuis, il a digéré la décision du souverain grec et le voilà totalement engagé pour trouver une solution rapide à la crise grecque.

«Ma volonté, mon souhait est d’éviter un Grexit et il est temps de se retrouver à la table des négociations», a-t-il déclaré hier devant le Parlement européen. A quelques heures de la réunion de crise de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) et qui sera suivi d’un Sommet extraordinaire de la zone euro, le message de Jean-Claude Junker a donné l’espoir d’une solution à la crise grecque d’ici à la fin de la soirée.

Jean-Claude Juncker a toutefois tenu à rappeler que tout en respectant la volonté populaire grecque, il ne faut pas ignorer celle des dix-huit autres membres de la zone euro. «Il y a des pays où le niveau de vie est inférieur à celui de la Grèce et qui ont dû faire des sacrifices pour assainir leur économie», a-t-il ajouté.

La veille, François Hollande et Angela Merkel se sont vus à Paris pour tenter de trouver une ligne commune après le vote grec. Le président français et la chancelière allemande ont mis la pression sur le premier ministre grec Alexis Tsipras, exigeant de lui des propositions précises et sérieuses pour pouvoir éventuellement négocier un nouveau plan d’aide.

Mais l’Europe est divisée en deux camps, celui des faucons partisans d’une ligne dure avec Athènes, et qui ne verraient sans doute pas de problème majeur à laisser la Grèce sortir de l’euro. Schématiquement, il compte dans ses rangs l’Allemagne, les pays du Nord et de l’est de la zone euro. Dans l’autre, les pays du sud de l’Europe dont la France, l’Italie et l’Espagne qui souhaitent trouver une solution rapide à la crise grecque.

A croire Pierre Gramegna, le ministre luxembourgeois des Finances et dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne pour les six prochains mois de l’année, a laissé entendre que les pays de la zone euro pourraient envisager un effacement partiel de la dette grecque, mais à condition qu’Athènes s’engage à procéder à une série de réformes. Le ministre a fait cette déclaration sur les ondes d’une radio luxembourgeoise. «Mais il faut en parler dans le cadre d’un paquet de mesures global. Si cela devait être présenté comme un effacement accepté par les 18 partenaires (de la zone euro) sans contrepartie grecque, ce serait inacceptable», a-t-il continué.

Du côté des marchés, les bourses européennes ont débuté la journée quasiment stables. Les principales places financières avaient fortement reculé la veille. Au Japon, la bourse de Tokyo a rebondi malgré les craintes d’un «Grexit»