Après avoir écrit que les principales économies mondiales étaient assez fortes pour résister à un ralentissement américain, Goldman Sachs n'en est plus si sûr et ne croit pas à l'effet de «découplage». «Nous anticipons maintenant que la croissance ralentira davantage dans le reste du monde qu'aux Etats-Unis», a déclaré mercredi l'économiste Peter Berezin à des clients de la banque.

Goldman Sachs prévoit que 26 économies sur les 38 qu'elle surveille verront leur croissance ralentir en 2008. Globalement, le taux passera de 4,7 à 4%. La zone euro verra son rythme baisser à 1,7%, ce qui la placera derrière les Etats-Unis, dont le taux ralentira de 2,1 à 1,8%, toujours selon Goldman Sachs. Le Japon restera en queue de peloton (baisse de 1,8 à 1,2%). Les quatre principaux pays émergents croîtront aussi à un rythme moins élevé, 8,9% en moyenne, entre autres à cause des mesures chinoises pour contrer la poussée d'inflation.

Pour Peter Berezin, «de multiples signaux montrent que ce qui était à l'origine un choc américain devient global», à travers le resserrement général du crédit. Le coût des emprunts en euros à trois mois a atteint mardi son plus haut niveau depuis sept ans. De plus, l'effondrement des prix immobiliers américains pourrait se répéter dans d'autres marchés surévalués, en particulier l'Espagne et la Grande-Bretagne.