«Les Suisses ne se rendent pas compte à quel point tout est fait pour faciliter les démarches pour les entreprises dans ce pays», déclare Benjamin Ergas, cofondateur de VIS Essential Investments (VIS), une société d’investissement brésilienne qui va bientôt transférer son siège à Lausanne. Fondée à São Paulo, l’entreprise indépendante spécialisée dans la gestion des ressources naturelles – l’énergie, l’alimentation et l’eau – a communiqué lundi sa décision de déplacer son siège en Suisse. Dans un premier temps, la société emploiera entre trois et quatre personnes à Lausanne, un nombre qui pourrait grimper à «environ une dizaine» d’ici fin à 2015, a précisé au Temps le Franco-Américain installé au Brésil depuis 2007. La date de l’annonce ne tient pas au hasard. Elle intervient au moment de l’ouverture du Forum mondial de l’investissement qui a lieu cette semaine à Genève. La société participera aussi à un forum consacré aux énergies propres dans ce cadre.

Par la même occasion, VIS a annoncé lundi le rachat d’Advanta Capital, une société zurichoise active dans la gestion et le capital-investissement, également spécialisée dans les ressources naturelles. Ses deux fondateurs, Marcel Kaufmann et Christoph Künzle, ont rejoint VIS Essential Investments en tant qu’associés.

Qu’est-ce qui a incité la société à opter pour la Suisse? Benjamin Ergas cite plusieurs facteurs, évoquant la capacité d’innovation et la compétitivité du pays au sens large, le soutien de la promotion économique ainsi que la dynamique en matière de financement durable à Genève et à Zurich. Il mentionne l’exemple de la plateforme Swiss Sustainable Finance créée l’été dernier.

Proximité avec la clientèle institutionnelle

D’autres aspects ont fait pencher la balance en faveur de la Suisse. Côté positif, «le Brésil continuera de jouer un rôle important pour alimenter le monde. Il occupe une place essentielle dans les domaines de spécialisation de VIS», poursuit le cofondateur, auparavant banquier chez Morgan Stanley. Côté négatif, il évoque les démarches administratives et les coûts du capital moins favorables au Brésil. «Il est plus facile de lever des fonds pour une société en Suisse et il y existe une meilleure protection des brevets», juge-t-il. Plus généralement, «la thématique dont s’occupe VIS est globale», rappelle-t-il. Dans ce contexte, la proximité avec la clientèle institutionnelle sera aussi un atout pour la société lorsqu’elle sera installée en Suisse.

Pratiquement, les activités de VIS se répartissent en deux domaines. D’une part, la gestion de fonds pour les investisseurs qualifiés, les caisses de pension ou les family offices, par exemple. D’autre part, le suivi des participations de la société. VIS a investi dans deux sociétés actives dans la bioénergie (BR Energy, Omnis), dans le stockage intelligent de grains (S-Grain) et le traitement des mauvaises herbes par choc électrique (Sayyou). Il s’agit de sociétés encore en phase initiale de croissance, précise Benjamin Ergas.

L’univers d’investissement est large. Il comprend à la fois les sociétés actives dans une production liée aux ressources naturelles (alimentation, énergie et eau) mais aussi des entreprises qui mettent au point des technologies qui améliorent l’efficacité de l’utilisation de ces ressources naturelles. La société a du reste mis sur pied, en collaboration avec la société allemande Solactive, l’indice VIS EFW Efficiency consacré à cette approche d’investissement.

Dans une phase ultérieure, VIS prévoit de lancer un fonds de type UCITS enregistré au Luxembourg qui pourra être distribué dans l’ensemble de l’Union européenne.