Paradise Papers

Vitol dément être sous enquête de la justice genevoise

Le trader genevois se dit prêt à prendre des mesures légales contre des «déclarations erronées et diffamatoires» de Public Eye. A la suite des Paradise Papers, l’ONG avait relié Vitol à un homme d’affaires suspecté de corruption

Vitol dément en bloc. Le trader genevois ne «fait pas l’objet d’investigations ou d’enquête pénale par le Ministère public genevois en relation aux allégations de Public Eye».

Selon son communiqué diffusé vendredi, Vitol n’est jamais entré en contact avec l’homme d’affaires nigérian Kola Aluko, son entreprise ou un quelconque autre «individu sulfureux ou partenaire exposé politiquement» afin de s’assurer de juteux contrats.

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Le trader annonce avoir demandé à Public Eye, via ses avocats, un retrait des propos «erronés et diffamatoires» à son encontre. Selon nos informations, Vitol n’est pas inculpé directement dans le cadre de la procédure pénale mais doit fournir des documents aux autorités genevoises. A savoir deux contrats considérés comme douteux par Public Eye.

L’ONG suisse avait avancé, dans une étude publiée vendredi dernier, que la justice genevoise examine les accords – un prêt contre une concession pétrolière – conclus entre Vitol et le Nigérian Kola Aluko, lui-même suspecté, quand il était cadre de l’entreprise Seven Energy, de corruption à l’encontre de l’ex-ministre du Pétrole du Nigeria Diezani Alison-Madueke. Des accusations reprises ensuite par le quotidien La Liberté.

Relier les points

L’enquête sur ces paiements de nature supposément corruptive remonte à 2016 et plusieurs demandes d’entraide du Royaume-Uni et (plus récemment) du Nigeria sont aussi en cours d’exécution à Genève, selon un porte-parole du Ministère public genevois, cité dans le quotidien fribourgeois.

Mais pour Public Eye, qui suit depuis de nombreuses années les affaires de Vitol et des autres négociants de matière premières, les révélations des Paradise Papers auraient permis de relier de nombreux points, isolés par les montages financiers offshore élaborés pour tromper le fisc et la justice. L’ONG a fait savoir au Temps qu’elle a pris connaissance de la lettre des avocats de Vitol mais ne fait «pas de commentaire pour le moment».

Mise à jour vendredi après-midi: précisions sur la nature de la procédure

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