matières premières

Vitol est épinglé en Afrique du Sud par une œuvre d’entraide

Une étude, financée par Pain pour le prochain, dénonce la faible responsabilité sociale du groupe basé à Genève

Le négociant genevois Vitol est épinglé par deux œuvres d’entraide

Matières premières Une étude financée par deux fondations dénonce la faible responsabilité sociale du groupe

Une initiative soutenue par Micheline Calmy-Rey bat son plein

Les Eglises s’indignent du comportement, en Afrique du Sud, de la société minière australienne Coal of Africa (CoAL) sous contrat exclusif avec le géant Vitol, basé à Genève, actif dans le négoce de matières premières, en particulier le pétrole et le charbon. Dans une étude présentée lundi à Berne, les organisations d’entraide Pain pour le prochain et Action de Carême constatent le non-respect des droits humains dans l’extraction de minerai de charbon et de houille.

Deux sites appartenant à CoAL ont fait l’objet d’une enquête réalisée par Bench Marks Foundation, organisation financée par les Eglises sud-africaines. Selon l’étude, la mine de Vele, ouverte en 2012 et qui a provisoirement cessé ses activités, se trouve dans une riche zone agricole et menace ce secteur à cause des prélèvements d’eau et de la pollution de l’environnement engendrée par l’activité minière. La société CoAL est en situation financière difficile mais prévoit la réouverture et l’extension de la mine de Vele. L’impact sur les droits humains dénoncé par les œuvres d’entraide concerne la menace sur plus de 5000 emplois dans l’agriculture et le tourisme, et les atteintes à la santé par la pollution. Un autre projet d’exploitation minière, à 250 mètres d’un village entouré de réserves naturelles, est également contesté.

La multinationale Vitol, basée à Genève, réalise un chiffre d’affaires annuel de 270 milliards de dollars. Elle a passé un contrat d’exclusivité durant huit ans avec CoAL portant sur la commercialisation du charbon exporté. Confrontée aux accusations de manque de responsabilité sociale, Vitol a, dans un premier temps, signalé à Pain pour le prochain qu’elle respectait la recommandation de dialogue soutenue par le Conseil fédéral, en vue d’élaborer des standards en la matière.

Vendredi dernier la multinationale a ensuite réfuté les arguments concrets de l’œuvre d’entraide en affirmant, notamment, qu’elle n’a pas d’influence directe sur l’exploitation du charbon en Afrique du Sud, et nie toute obligation de transparence sociale en tant qu’entreprise privée. Lundi soir, elle a réitéré sa position en soutenant que les conclusions du rapport de Pain pour le prochain étaient erronées, un fait que Vitol affirme avoir signalé sans succès aux auteurs de l’étude.

«Il y a vingt-cinq ans, Nestlé disait la même chose. Les choses ont vraiment changé de leur côté», constate Yvan Maillard, responsable de projet à Pain pour le prochain.

«Si elle n’agit pas, la Suisse peut craindre un effet de réputation, comme cela a été le cas pour le secteur bancaire», souligne la conseillère nationale Lucrezia Meier-Schatz (PDC/SG). L’initiative popu­laire «pour des entreprises responsables», soutenue par l’ancienne conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey, a déjà recueilli 50 000 signatures.

Vitol estime ne pas avoir d’influence directe sur l’extraction du charbon en Afrique du Sud

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