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Le siège genevois de Vitol emploie aujourd’hui 185 personnes.
© MARTIAL TREZZINI

Réglementation

Vitol menace de quitter la Suisse si de nouvelles lois lui sont imposées

Simonetta Sommaruga a évoqué un possible durcissement réglementaire ciblant le secteur des matières premières. Réplique sèche et immédiate du géant anglais du négoce pétrolier

Le ton monte entre le secteur des matières premières et les autorités suisses. Dans un entretien à l’Agefi, le directeur de Vitol, Gérard Delsad, se dit prêt à quitter le pays si la Confédération ne veut plus de cette industrie prospère mais controversée.

Le propos est d’importance, car Vitol est la deuxième entreprise suisse par chiffre d’affaires (155 milliards de francs en 2017), derrière le géant zougois Glencore, lui aussi acteur du secteur des matières premières à la réputation bousculée par de récents scandales.

Vitol, numéro un mondial du négoce pétrolier qui emploie 185 personnes à Genève, s’inquiète surtout des velléités de Simonetta Sommaruga de légiférer sur le secteur des matières premières à la suite des Paradise Papers qui mettaient notamment en lumière des agissements de Glencore au Congo.

Selon Gérard Delsad, il serait très aisé pour Vitol de quitter la Suisse et cette option existe si les autorités suisses perdent le sens des réalités pour imposer une nouvelle couche de législation au secteur.

«Nous n’avons pas besoin d’être en Suisse pour nos affaires, explique le directeur dans son interview. Il est aisé pour un groupe global comme Vitol de transférer ses activités et donc ses collaborateurs dans ses bureaux en Europe, Asie ou Etats-Unis. Nous sommes tous très mobiles et pouvons travailler de n’importe où. Nous gardons toutes les options ouvertes. Si la Suisse ne veut plus de négoce de matières premières, nous en prendrons acte. Ce dont nous avons besoin est de pouvoir continuer à travailler dans un environnement serein et stable. Qui ne mélange pas les activités d’extraction et de négoce.»

Manque de clarté

Vitol s’inquiète notamment d’un possible contreprojet à l’initiative «Multinationales responsables» et indique que le lobby de la branche, le STSA, est en contact permanent à ce sujet avec les autorités fédérales. Son directeur se demande aussi quelle forme prendrait une nouvelle législation et ce «que veut Madame Sommaruga concrètement».

L’attitude négative de la Suisse a aussi été discutée au sein du conseil d’administration de Vitol, explique Gérard Delsad. «Alors qu’il y a encore six mois ou un an, leurs remarques ciblaient le niveau de cherté en Suisse: le niveau des salaires, les coûts du bureau, le manque de clarté sur la réforme fiscale – que nous avions soutenue malgré tout –, aujourd’hui notre conseil s’alarme sur le risque de réputation injustifié. […] La Suisse peut créer sa propre législation, mais elle doit être consciente de ses implications.»

Vitol a par ailleurs été échaudée par sa récente mention dans la presse en lien avec les Paradise Papers. «Etre lynché ainsi dans la presse est un sentiment très frustrant», explique Gérard Delsad. Vitol a été faussement accusée d’être sous enquête de la justice genevoise pour des transactions en lien avec l’homme d’affaires nigérian Kola Aluko par l’ONG Public Eye. Elle a menacé de déposer plainte contre l’organisation, qui a fait du secteur des matières premières sa cible favorite.

Lire aussi: Vitol dément être sous enquête de la justice genevoise

«Nous sommes face à une problématique suisse, à mettre en lien avec les méthodes de certaines ONG suisses et non celles de la presse suisse, ajoute Gérard Delsad. Nous n’avons pas été contactés par Public Eye. Et les faits concernant Vitol dans leur rapport sont faux. C’est extrêmement choquant de la part d’une organisation suisse de ne pas appliquer les standards de qualité et de ne pas vérifier les faits avant publication.»

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