La fortune gérée en Suisse selon des contraintes de durabilité a atteint 1100 milliards de francs fin 2019, selon l’association Swiss Sustainable Finance, qui promeut l’investissement durable. C’est un montant considérable: il s’approche de la capitalisation totale de la bourse suisse (1400 milliards) et représente 38% des sommes placées dans des fonds de placement en Suisse. En outre, l’investissement durable, ou ESG (c’est-à-dire prenant en compte des critères environnementaux pour le E, sociaux pour le S et de gouvernance pour le G), affiche une croissance de 1538% (!) sur cinq ans.

Le constat est que l’investissement responsable est devenu incontournable pour l’industrie financière. Pourtant, le thème reste un chantier dans lequel le Swiss Sustainable Finance et les gérants d’actifs s’efforcent de préciser les plans à mesure que l’édifice s’élève. L’ingénierie financière qui s’élabore au jour le jour absorbe beaucoup d’énergie et à juste titre car les enjeux sont importants. Mais elle ne doit pas occulter la vraie question, celle de l’impact de l’investissement durable sur le comportement des multinationales.