Sauf accident, Rodrigo Rato, ministre des Finances du gouvernement espagnol sortant, sera le nouveau directeur du Fonds monétaire international (FMI). L'Union européenne (UE) pourrait aujourd'hui ou ces tout prochains jours donner sa bénédiction à sa candidature. «Nous finalisons les consultations à cet effet, affirme James McIntyre, porte-parole de la présidence irlandaise de l'UE. L'autre prétendant, Jean Lemierre, étant hors course, la voie paraît désormais libre pour Rodrigo Rato.» La candidature de ce dernier ne fait effectivement pas de doute dans la mesure où son rival français a été reconduit ce lundi à la direction de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour quatre ans. Le poste du directeur du FMI est vacant depuis début avril suite à la démission du titulaire Horst Kohler.

Un remerciement américain?

La décision européenne de présenter un candidat fait fi de l'appel lancé par une centaine de pays, dont la Suisse, réclamant l'abandon d'une tradition selon laquelle le poste de directeur du FMI revient automatiquement à un Européen, alors que celui de la Banque mondiale va à un Américain. Berne, notamment, avait fait part au conseil de direction du FMI de ses réserves quant aux critères retenus pour le choix du directeur, à savoir la nationalité plutôt que les compétences. «Mais nous présenterons un très bon candidat, et les membres du FMI trancheront», rétorque James McIntyre.

Rodrigo Rato bénéficie déjà de l'indispensable soutien des Etats-Unis, sans lequel un candidat européen ne passerait jamais, comme ce fut le cas en mai 2000. Le nom de Horst Kohler avait été proposé suite au veto américain contre un premier candidat européen. Dans le cas présent, Washington appuie le bras droit de José Maria Aznar, ancien premier ministre espagnol et allié de la guerre anglo-américaine en Irak.