En 1957, le premier CES se tenait à New York avec la télévision couleur comme attraction principale. Un demi-siècle plus tard, LG a présenté dans une salle comble sa «Wall Paper TV», un écran de 2,5 mm de large, le plus fin du monde.

Le salon de la technologie est devenu ce que les Américains appellent une «extravaganza». Avec près de 4000 exposants venus de 50 pays répartis sur 220 000 mètres carrés, dresser une liste exhaustive des innovations du moment ressemble à un exercice insensé. Une tendance se dégage tout de même: l’intelligence artificielle sera partout. A commencer par la vie quotidienne, dans un miroir capable d’analyser les problèmes de peau et suggérer des solutions (le taïwanais Hi Mirror) ou dans… une brosse à dents.

C’est Kolibree, une start-up de la région parisienne, qui a créé cette brosse conseillant des ajustements de ses habitudes dentaires via une app sur smartphone. Dans les allées encombrées du Mandalay Bay, l’hôtel accueillant l’Unveiled, le rendez-vous réservé aux médias, son fondateur Thomas Serval explique au «Temps» ce que l’intelligence artificielle apporte à un geste aussi courant. «Il a fallu que l’on capture des milliers de brossages pour entraîner une intelligence artificielle à reconnaître automatiquement la localisation de la brosse dans la bouche».

«C’est un changement dans la prévention des caries», poursuit le fondateur de Kolibree. Prix d’appel: 129 dollars.

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L’automobile en force

Les robots, qu’ils soient destinés aux loisirs ou à l’aide aux personnes âgées, font depuis longtemps partie des incontournables du salon. LG a fait sensation avec son Airport Guide, un robot-concierge qui assistera les voyageurs à l’aéroport d’Incheon dès cette année. En revanche, l’industrie automobile ne s’est joint à la fête que récemment.

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Mercredi, Hyundai proposait d’embarquer à bord de sa Ioniq autonome pour un parcours de dix minutes, en conditions réelles, dans les rues de Las Vegas. Sans radar tournoyant sur le toit, il n’y avait que le «autonomous» écrit en grand sur les portières bleues de la voiture coréenne pour la distinguer du reste du trafic.

Trois capteurs sur le pare-choc offrent une vision à 180 degrés au véhicule. Des caméras installées en haut du pare-brise sont chargées de repérer les feux de circulation et leurs couleurs. «Notre algorithme nous permet de combiner toutes ces données avec celles de la carte des rues déjà intégrée dans la voiture», détaille André Ravinowich, manager chez Hyundai.

La technologie n’est pas la plus poussée du secteur. Pour une raison simple: fidèle à sa stratégie, le géant coréen veut créer un modèle grand public donc à coût modéré. Audi en partenariat avec Delphi, Ford avec une version autonome de la Fusion ou Honda et son concept-car NeuV font partie des concurrents qui présenteront leurs avancées dans la conduite sans chauffeur.

Les salons de l’automobile se concentrent sur le public et la vente de voitures pour l’année d’après.

Mais la présence de l’industrie automobile ne s’arrête pas là. Faraday, rival annoncé de Tesla, a présenté son modèle électrique. Le CES prend parfois des airs de salon de l’auto, au point de marcher sur les plates-bandes de celui de Detroit qui démarre dimanche. «Les salons de l’automobile se concentrent sur le public et la vente de voitures pour l’année d’après», commente pour «Le Temps» Gary Shapiro, le patron du CES. «Nous, nous accueillons tout l’écosystème de l’automobile, des fournisseurs aux constructeurs.»

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Mieux dormir grâce à la technologie

Sans être des nouveautés, la réalité virtuelle et la réalité augmentée devraient aussi retenir l’attention lors de cette cinquantième édition. Chaque année les rapproche d’un modèle commercial grand public. La maison et les objets connectés restent également une tendance majeure. Smarter, une start-up anglaise, présente notamment une caméra permettant de consulter à distance le contenu de son frigo pour s’épargner des courses inutiles.

La technologie pour mieux manger et mieux dormir. Le «mouvement» du sleep tech, comme le décrit Kelley Parker de Sleep Number, un fabricant de matelas intelligents, sera bien représenté dans le Nevada. Lancée en 2016, Moona a développé une invention qui – promet la jeune start-up – de dormir plus vite et plus profondément tout en se réveillant en douceur. Comment? En ajustant la température de l’oreiller.

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